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Agrocarburants

Une expansion lourde de conséquences

Depuis plusieurs années les agrocarburants sont au cœur de la controverse. Leur développement pose toute une série de problèmes sociaux et environnementaux, mais aussi d’accaparement des terres. Pour autant, les volumes annuels d’éthanol et de biodiesel ne cessent de croître, imperturbablement, dans l’Union européenne et aux États-Unis bien sûr, mais aussi dans les pays du Sud, particulièrement sensibles.

Lorsqu’on parle des agrocarburants, le Brésil, champion de l’éthanol de canne à sucre, est souvent évoqué. Mais d’autres pays émergents, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est essentiellement, ont vu leur potentiel de production augmenter à vive allure : l’Argentine tout d’abord, mais aussi l’Indonésie, la Malaisie, l’Inde, la Colombie et la Thaïlande. Plus récemment, une kyrielle de petits pays agro-exportateurs, d’Amérique centrale et d’Afrique notamment, sont montés dans le train des agrocarburants.

Trois matières premières agricoles dominent nettement le tableau au Sud : la canne à sucre pour la production d’éthanol et le soja ainsi que l’huile de palme pour le biodiesel. Mais des plantes « alternatives » suscitent des investissements grandissants : le jatropha (biodiesel) et le manioc (éthanol) surtout, ainsi que le ricin (biodiesel), le sorgho (éthanol), l’huile de noix de coco (biodiesel).

Les cultures énergétiques occupent d’ores et déjà des dizaines, voire des centaines de milliers d’hectares dans beaucoup de pays. Et les chiffres officiellement avancés en matière de surface agricole destinée au développement futur des agrocarburants donnent le vertige : 14 millions d’hectares au Brésil, 13 millions en Inde, 3 millions en Indonésie, plusieurs millions d’hectares en Éthiopie, en Tanzanie, au Mozambique… Si les objectifs avancés de part et d’autre doivent être pris au conditionnel – la crise internationale du crédit, la volatilité des marchés agricoles et les réalités agronomiques ayant remis bien des investissements en question -–, la tendance à une augmentation généralisée de la production est bien là.

Les déterminants du boom

Au Sud comme au Nord, l’expansion des cultures énergétiques résulte d’abord de l’adoption récente de politiques publiques visant le développement de la production et de la consommation d’agrocarburants [1] Dans les pays du Sud, il s’agit de réduire la dépendance des économies nationales vis-à-vis d’une ressource, le pétrole, dont le prix sur les marchés internationaux connaît des hausses imprévisibles, source d’une grande vulnérabilité macro-économique, tout en offrant des opportunités de croissance et de création d’emplois dans les secteurs agricole et industriel. Il importe d’avoir à l’esprit qu’au Brésil, en Indonésie, en Afrique du Sud et ailleurs, le soutien aux agrocarburants est un aspect stratégique du « développement national », avant d’être une contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

L’approvisionnement des pays riches, qui consomment d’ores et déjà davantage d’agrocarburants qu’ils n’en produisent, est l’autre grand vecteur de l’expansion des cultures énergétiques au Sud. L’Union européenne, par exemple, a importé environ 22% des dix millions de tonnes « équivalent pétrole » qu’elle a consommées en 2008, année où elle a utilisé 3,3% d’agrocarburants dans son carburant de transport. Ce pourcentage d’importation devrait augmenter à mesure que la consommation européenne se rapproche de l’objectif des 10% de mélange fixé pour 2020 par la directive « énergies renouvelables ». Dans plusieurs grands pays émergents (Brésil, Inde, Indonésie, Afrique du Sud), c’est cependant la consommation interne, davantage que les exportations, qui devrait tirer la production.

Last but not least, la croissance accélérée du secteur est alimentée par la ruée des investisseurs internationaux sur le nouvel « or vert ». Sans surprise, les acteurs transnationaux les mieux placés sont les firmes de l’agrobusiness qui contrôlent déjà de larges pans de la production des matières premières agricoles, de leur transformation industrielle, de leur transport et de leur distribution. Pour autant, les perspectives de profit attirent de nouveaux et puissants acteurs issus de secteurs parfois éloignés de l’agro-industrie. « Les multinationales de cosmétiques vendent du biodiesel. Les grosses compagnies pétrolières raflent toutes les plantations. Les spéculateurs de Wall Street passent des contrats avec les barons féodaux du sucre. Et tout cet argent qui circule autour du monde est en train de réorganiser et de renforcer les structures transnationales, unissant la classe la plus brutale des propriétaires terriens des pays du Sud aux multinationales les plus puissantes des pays du Nord » [2] . À la différence des autres grands cycles d’expansion de commodities agricoles (matières premières échangées sur les marchés internationaux), les flux d’investissements en question ne suivent cependant pas uniquement une trajectoire nord-sud. Les grands groupes brésiliens, colombiens, indonésiens, malaisiens, qui ont pu historiquement se consolider sur leurs propres marchés nationaux protégés, se sont lancés à la conquête de l’Amérique centrale, de l’Asie du Sud-Est et de l’Afrique subsaharienne.

Les impacts de cette expansion

L’évaluation rigoureuse des impacts de l’expansion des agrocarburants au Sud (impacts socio-économiques et impacts environnementaux) exige de prendre en compte le fait que ces impacts ne sont pas seulement directs ou localisés – « la mise en place de la plantation x à l’endroit y a eu tels et tels effets à cet endroit y », –, mais aussi « indirects », ou « globaux », du fait des pressions que la production/consommation d’agrocarburants exerce « en cascade » sur des marchés agricoles et fonciers fortement internationalisés. Les effets indirects les plus débattus sont l’impact sur le prix des biens alimentaires de la réorientation d’une partie croissante de la production agricole vers les filières énergétiques. Sans oublier les tensions foncières liées à l’augmentation de la demande en terres fertiles et le « changement indirect d’affectation des sols » (ILUC en anglais, pour Indirect Land Use Change) qui peut se produire à n’importe quel endroit du monde pour répondre à la demande de produits agricoles des autres secteurs qui n’est plus satisfaite.

• La petite paysannerie : exposée aux coûts, pas aux bénéfices

Pour leurs partisans dans les gouvernements et les institutions internationales, les agrocarburants sont d’abord envisagés sur le mode de l’ « opportunité économique pour le monde rural ». Un optimisme déconnecté des contextes agricoles et sociaux « réellement existants » au sein desquels se joue l’expansion des cultures énergétiques. Pour rappel, la production de canne à sucre, de soja et d’huile de palme est depuis longtemps déjà dominée par l’agriculture industrielle. Sans surprise, c’est cette production agricole capitaliste – salariée et mécanisée – qui fournit l’essentiel des matières premières aux usines d’éthanol et de biodiesel. Les conditions de travail dans ces gigantesques plantations sont généralement déplorables – salaires bas, rythmes infernaux, expositions aux pesticides et aux fumées – quand elles ne sont pas proches de l’esclavage ; plusieurs cas de travail esclave ont été constatés dans les plantations de canne à sucre brésiliennes ces dernières années.

À l’instar des autres marchés, l’accès aux filières d’agrocarburants exige donc d’atteindre un seuil minimum de compétitivité et de connexion aux infrastructures et circuits commerciaux. Dans certains pays et dans certaines filières cependant (palme, jatropha, ricin), les petits producteurs sont invités par les industriels et les autorités à livrer leurs récoltes aux usines d’agrocarburants. Là où elle se produit, l’inclusion des petits agriculteurs aux chaînes de valeur des agrocarburants ne suit que rarement le scénario « win win » théorisé par la Banque mondiale. Passés entre des firmes agro-industrielles d’un côté et des paysans pauvres et dispersés de l’autre, dans un contexte de marchés agricoles instables qui plus est, les contrats s’avèrent généralement inéquitables : aux industriels l’essentiel des profits, aux paysans l’essentiel des risques.

Si elle peine à cueillir les bénéfices de la croissance des agrocarburants, la petite paysannerie (et la population rurale pauvre plus généralement) en subit l’essentiel des coûts, sous la forme d’un recul de ses droits d’accès aux ressources naturelles indispensables à ses stratégies de survie quotidienne. L’énorme consommation d’eau des plantations (irrigation) comme des unités de production (lavage, refroidissement), ajoutée à la contamination des eaux de surface et des nappes souterraines, portent préjudice aux communautés villageoises avoisinantes. Mais c’est la prise de contrôle, par des entreprises commerciales ou des élites locales, d’immenses étendues de terre pour la mise en culture de matières premières pour agrocarburants qui constitue la principale menace pour la petite agriculture. Qu’elles soient forcées ou librement consenties, ces acquisitions massives de terre pour agrocarburants participent au phénomène de concentration des meilleures terres (les plus planes, les plus fertiles, les plus chaudes et humides), dans les mains d’un nombre réduit de grands propriétaires de mieux en mieux connectés aux marchés internationaux.

• Un facteur d’insécurité alimentaire

En 2010-2011 comme en 2007-2008, le prélèvement massif de produits agricoles pour la production d’agrocarburants a été un facteur, parmi d’autres, de la formidable hausse des prix agricoles et de la situation de crise alimentaire qui en a dérivé dans plusieurs régions du monde. Force est cependant de reconnaître que la cause première de cette crise réside d’abord dans la dépendance alimentaire « structurelle » de nombreux pays vis-à-vis des marchés agricoles internationaux. Une vulnérabilité antérieure à l’essor des cultures énergétiques, dont les origines sont à chercher dans le désintérêt pour la petite production vivrière et la dépendance grandissante vis-à-vis des importations. Une politique agricole libérale prônée pendant plus de vingt ans par les institutions financières internationales...

En matière de sécurité alimentaire, la véritable menace des agrocarburants réside davantage dans l’accaparement de surfaces agricoles fertiles. En particulier lorsque d’immenses superficies traditionnellement consacrées à l’agriculture vivrière sont cédées à des investisseurs extérieurs pour une production d’agrocarburants destinée à l’exportation (à l’instar des autres cultures de rente par ailleurs : fleurs, coton, café, ananas, etc.). Une politique à l’opposé de l’objectif de souveraineté alimentaire. Le cas du Guatemala est à cet égard paradigmatique : la poussée de l’agriculture industrielle d’exportation, à laquelle contribue l’expansion de la canne à sucre et des palmiers à huile, tend à aggraver non seulement la dépendance alimentaire externe du pays, mais aussi les taux de dénutrition chronique extrêmement élevés enregistrés dans les régions paysannes et indigènes.

Pressés par des opinions publiques préoccupées par l’impact des agrocarburants sur la sécurité alimentaire, les gouvernements d’Inde, d’Éthiopie, de Tanzanie, etc. ont officiellement décidé d’orienter la production d’agrocarburants sur les terres classées comme « non utilisées », « marginales », ou « dégradées », afin d’éviter la compétition avec l’alimentation. Une stratégie soutenue par la Commission européenne et certains consultants internationaux. Constructive sur le papier, cette idée est cependant déconnectée des logiques « réelles » d’utilisation de l’espace dans les régions visées.

En effet, les immenses superficies de terre supposément « inutilisées » sur base d’une imagerie satellitaire ou de classements administratifs arbitraires fournissent souvent quantité de services aux communautés villageoises avoisinantes (pâturage saisonnier, collecte de bois de feu, agriculture itinérante, cueillette de plantes médicinales, etc.). Qui plus est, il est sociologiquement naïf d’imaginer les acteurs économiques puissants que sont les grands agriculteurs capitalistes orienter leur production vers ces zones moins fertiles. La tendance, déjà à l’œuvre dans certaines régions, est moins à une réorientation de la production vers ces zones dégradées, qu’à une extension de la catégorie « terres dégradées » aux zones convoitées.

• Un bilan environnemental globalement négatif

Les agrocarburants ont depuis plusieurs années perdu le qualificatif de « carburants verts ». De fait, le mode de production prédominant dans les principales filières au Sud (canne, palme, soja) est celui de monocultures intensives qui se caractérisent par la perte de biodiversité agricole, l’usage intensif d’intrants chimiques, de semences transgéniques dans le cas du soja, de la surexploitation de l’eau. Mais le coût environnemental principal des cultures énergétiques réside dans la destruction d’environnements naturels à laquelle la mise en place des nouvelles plantations donne lieu, directement ou indirectement. Les deux champions de la déforestation sont aussi des leaders de la production d’agrocarburants : le Brésil est le premier exportateur d’éthanol au monde et l’Indonésie ambitionne de devenir le premier producteur de biodiesel. Au-delà des forêts tropicales, ce sont les savanes, les prairies naturelles, les zones humides, autant d’espaces riches en biodiversité, qui sont exposés à l’expansion des cultures énergétiques.

L’aspect le plus sensible de ce processus massif de « changement d’affectation des sols » est la libération de carbone dans l’oxygène à laquelle il donne lieu. En effet, les milieux naturels (forêts tropicales ou tempérées, tourbières, savanes, prairies naturelles dans une moindre mesure) constituent des réservoirs de carbone tels que leur remplacement par des cultures agricoles rend le bilan carbone des agrocarburants, qui dérivent de ces cultures généralement, négatif. Le biodiesel de soja, d’huile palme, et l’éthanol de canne, qui proviennent d’une culture ayant pris la place d’une forêt tropicale, sont respectivement 9 fois, 3 fois et 3 fois plus polluants que le carburant fossile qu’ils remplacent [3] .

Le changement d’affectation des sols est tantôt direct, quand la forêt ou la savane est rasée pour laisser la place aux plantations, tantôt indirect, lorsque l’activité agricole (culture ou élevage) que remplace la culture énergétique est déplacée et provoque ailleurs la conversion de milieux naturels. Exemple alarmant de ce phénomène d’ILUC (Indirect Land Use Change) : le détournement, vers les unités de biodiesel, du colza européen précédemment utilisé par l’industrie agroalimentaire amène cette industrie à se tourner vers l’huile de palme, contribuant à la hausse du prix international du produit, ce qui encourage les planteurs de palmiers en Indonésie ou en Papouasie à gagner du terrain sur la forêt primaire, alourdissant gravement le bilan carbone du biodiesel de colza « bien de chez nous ».

Un certain nombre d’initiatives ont cependant été prises depuis 2007, notamment sous la houlette de la Commission européenne, afin de tenter de modéliser l’ILUC à l’aide de modèles d’équilibre agroéconomiques globaux. À des degrés divers, les résultats de ces recherches remettent en question le bilan carbone positif des agrocarburants. En novembre 2010, Catherine Bowyer, de l’Institute for European Environmental Policy, a croisé les conclusions de ses travaux sur l’ILUC avec les plans nationaux de 23 pays européens sur 27 en matière d’énergie renouvelable. Il résulte de ce croisement que l’ILUC associé à l’usage additionnel d’agrocarburants d’ici 2020 dans ces 23 pays devrait s’élever à entre 4,1 et 6,6 millions d’hectares et entraîner un supplément d’émission de GES d’entre 80,5% et 167% par rapport à l’utilisation de carburants fossiles [4] .

Civiliser la production industrielle ?

La régulation des impacts de la production d’agrocarburants à grande échelle revient logiquement aux États. Ces mêmes États jouent cependant un rôle actif dans l’expansion accélérée des cultures énergétiques sur leur territoire. Les impacts sociaux et environnementaux négatifs de cette expansion, lorsqu’ils sont reconnus comme tels par les autorités, sont généralement euphémisés et considérés comme la contrepartie inévitable d’une activité qui repose sur les avantages comparatifs nationaux précieux que sont l’abondance de terre et la main-d’œuvre bon marché.
Et même dans les pays qui disposent d’une législation environnementale et sociale poussée, comme au Brésil, où les militants syndicaux et environnementaux estiment que « la loi brésilienne est bien faite », le consensus « développementiste » qui prévaut au sein de l’exécutif empêche l’adoption d’une attitude stricte vis-à-vis des contrevenants. Plus généralement, les grands producteurs, quand ils n’appartiennent pas directement au clan au pouvoir, disposent de relais politiques puissants au sein des parlements, des gouvernements et des appareils de justice qui bloquent, dénaturent ou amortissent les initiatives susceptibles d’entraver leurs activités.

Face à la montée des critiques et des mises en garde quant aux effets sociaux et environnementaux de l’expansion des cultures énergétiques, la Commission européenne a de son côté adopté une série de « critères de durabilité » visant à exclure les biocarburants qu’elle n’estime pas « propres ». Trois critiques peuvent être formulées à l’égard de ces critères. Tout d’abord, ils ne concernent que deux dimensions environnementales des impacts relevés. Les problèmes de sécurité alimentaire, d’accaparement des terres et de respect des droits de base des travailleurs et des communautés locales ne sont pas l’objet de critères contraignants. Ensuite, ils ne tiennent pas compte de l’aspect crucial du changement d’affectation des sols indirect (ILUC), qui déplace les problèmes que l’on croit éviter « au niveau de la plantation ». Ils reflètent enfin la prévalence d’une culture managériale et bureaucratique qui méconnaît les conflits d’intérêts sociaux, économiques et environnementaux, en raisonnant en termes de « bons critères », « de bonnes procédures », de « bons partenariats »...

Dans cet ordre d’idée, un espoir inconsidéré est placé par les États européens et certaines ONG dans le développement de systèmes de « certification volontaire » pouvant garantir la durabilité des agrocarburants importés. L’expérience des systèmes déjà opérationnels, comme la Table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO), laisse penser que la certification n’a qu’un effet marginal sur la pratique des secteurs agro-industriels concernés. L’ensemble du dispositif est déséquilibré en faveur de ces derniers – depuis la composition du panel de pilotage, où la société civile est sous-représentée, jusqu’à la formulation des critères et des indicateurs de vérification, suffisamment ouverte pour permettre une interprétation souple à l’avantage des planteurs. La motivation de base de ces initiatives « d’autoresponsabilisation » n’est pas le changement en profondeur des conduites, mais l’amélioration de l’image du secteur auprès des consommateurs.

Et même s’ils étaient appliqués scrupuleusement et permettaient de « civiliser » ces secteurs, en éliminant leurs abus les plus flagrants sur les plans social et environnemental, ces systèmes ne remettraient pas en question, mais au contraire légitimeraient, le modèle des monocultures industrielles tournées vers l’exportation et les impacts négatifs qui lui sont inhérents : concentration des terres et des richesses, marginalisation des petits producteurs, perte de souveraineté alimentaire, moindre biodiversité.


Notes

[1Les coûts de production des agrocarburants étant supérieurs à ceux de l’essence et du diesel, le décollage de la consommation mondiale n’aurait tout simplement pas eu lieu sans intervention politique.

[2Grain (2007), Le pouvoir des entreprises : les agrocarburants et l’expansion de l’agrobusiness, octobre 2007, http://www.grain.org/seedling/?id=516

[3Lange M. (2010), The GHG Balance of Biofuels Taking into Account Land Use Change,Kiel Workinh Papers n°1619, avril 2010, Kiel Institute for the World Economy.

[4Bowyer (2010), Anticipated Indirect Land Use Change Associated with Expanded Use of Biofuels and Bioliquids in the EU – An Analysis of the National Renewable Energy Actions Plans, rapport pour l’Institute for European Environmental Policy.


Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.