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Tunisie. Vers l’enterrement des années sombres de la dictature

Fin mars 2018, les députés tunisiens ont refusé de prolonger le mandat de l’Instance vérité et dignité. Ainsi, les forces politiques unies cherchent à en finir avec la justice transitionnelle qui a dû se déployer dans un environnement hostile. Mais le travail de la mémoire s’inscrit dans le temps long.

Le 26 mars 2018, l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP) a refusé d’accorder les sept mois supplémentaires que l’Instance vérité et dignité (IVD) avait décidé de s’octroyer. Le mandat de cette commission installée en juin 2014 pour mettre en œuvre la justice transitionnelle destinée à traiter l’héritage de cinq décennies de dictature1 doit s’achever le 31 mai. En février, elle a décidé, comme l’y autorise la loi, de prolonger son mandat jusqu’au 31 décembre. Cette décision devait-elle être soumise à l’approbation du Parlement ? Le texte de la loi laissait planer un doute, le bureau de l’ARP s’est arrogé le droit de trancher et a mis le sujet à l’ordre du jour de la séance du 24 mars, l’une des plus houleuses qu’ait connue l’hémicycle tunisien. Après une deuxième séance, le vote aura été acquis dans une totale confusion juridique. Certains députés ont dénoncé « un coup d’État contre la justice transitionnelle ». Ainsi aura-t-on mis fin à l’IVD dans des conditions à l’image de l’atmosphère qui aura entouré son travail : dans la passion, la polémique et un fort goût d’inachevé.

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Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.