• Contact
  • Connexion

Syrie

Syrie : la dictature, la guerre, la liberté, la paix

Résumé

 Les soulèvements du printemps arabes sont des mouvements populaires contre les
régimes dictatoriaux et autoritaires, contre l’injustice et les inégalités, l’oppression et le
mépris. Ils ne sont pas les fruits de manoeuvres des puissances extérieures. Pas plus en
Syrie qu’en Egypte ou à Bahreïn les peuples n’ont comploté contre eux-mêmes.

 En Syrie, pendant des mois, les centaines de milliers de manifestants pacifiques ont
demandé des réformes, une partie de l’opposition a cherché à dialoguer avec le régime.
Ce dernier a fait mine d’accepter le principe d’ouvertures démocratiques, tout en
intensifiant la sanglante répression et il a choisi l’option de la guerre interne.Le régime a
gagné son pari et a imposé la guerre, mais il l’a perdu car il s’est avéré incapable
d’écraser militairement l’opposition.

 Le régime a tout de suite dénoncé un « complot impérialiste », et expliqué que la guerre
en cours était le fruit de l’ingérence étrangère. Ce régime n’a jamais mis en danger les
intérêts des occidentaux, il était ces dernières années leur partenaire apprécié. Cela n’empêchant pas son alliance avec la République Islamique d’Iran, ni ses bonnes
relations avec les Russes. Iraniens et Russes contribuent aujourd’hui à ses moyens
militaires pour la guerre interne. Une fois celle-ci déclenchée, les pétromonarques et les
pays de l’OTAN ont de leur coté soutenu la résistance. La guerre interne a provoqué
l’ingérence extérieure et non l’inverse.

Comme en écho aux vétos américains concernant Israël, les vétos russes et chinois au
conseil de sécurité ont limité les pressions internationales contre le régime Assad.
Nombreux sont ceux qui ont appelé à une intervention armée « comme en Libye » pour
imposer la paix par la guerre. Si une intervention, qui ne pourrait être que « comme en
Irak », n’est pas à l’ordre du jour, la guerre va durer puisque le régime ne peut écraser
l’opposition et que l’opposition, ne peut vaincre les forces armées du régime. La paix
peut elle renverser la dictature ? La « désescalade » peut elle modifier la donne ? La fin
des combats suppose la fin du régime en l’état.

L’une des forces du régime est liée aux faiblesses de l’opposition qui peine à incarner
une alternative crédible, inclusive, indépendante, du fait de ses divisions et
contradictions. La constitution d’une nouvelle « Coalition » (incluant un CNS rénové) est
elle de nature à créer une nouvelle dynamique ? Dans ce contexte doit-on envisager une
escalade de la guerre ? Ou avec des ruptures au sein du régime, une chance de sortie de
guerre ? Ou un processus combinant les deux ?

 La prolongation de la guerre interne détruit la Syrie d’aujourd’hui et celle de demain.
La logique de guerre nourrit la peur des communautés, développe la haine, encourage
les groupes djihadistes. La mise en échec de l’armée d’Assad accélérera la chute du
régime mais une guerre généralisée, avec intervention de l’extérieur, même si elle faisait
tomber Assad, hypothéquerait l’avenir de la Syrie et de la région. Il faut favoriser toutes
les actions provoquant l’isolement du clan Assad, la division de son système, la
consolidation des organisations de la société syrienne à l’intérieur et à l’extérieur du
pays.

 Les mouvements progressistes sont restés scandaleusement passifs et silencieux vis-àvis
du mouvement populaire syrien pendant la première phase de la révolution syrienne
en 2011. Que ce soit dans les pays arabes, dans l’Europe voisine, et dans le monde, ce
silence, voire cette complaisance, vis-à-vis de la dictature n’ont fait que la conforter dans
son projet de guerre interne. Cette guerre interne ayant favorisés l’apparition de groupe
salafistes ou djihadistes sur le terrain, certains y ont trouvé prétexte pour justifier en
2012 leur passivité ou de leur complaisance, abandonnant la résistance civile et les
forces démocratiques syriennes en 2012. Rompant avec cette passivité, dénonçant toute
complaisance, les mouvements progressistes doivent développer la solidarité avec la lutte
du peuple syrien pour la démocratie la paix et la sécurité de toutes et tous.

Article complet ci-dessous.

Télécharger Article complet PDF - 248.9 ko

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.