• Contact
  • Connexion

Communiqué de presse

Reconnaissance de la Palestine : une résolution indigne de la Belgique

© activestills.org

Avec de nombreuses autres organisations (liste ci-dessous), le CNCD-11.11.11 déplore l’adoption d’une résolution liant la reconnaissance de l’Etat palestinien à des conditions [1] irréalistes et la reportant sine die.

En effet, cette résolution proposée par les quatre partis de la majorité gouvernementale (MR, N-VA, Open VLD, CD&V) a finalement été votée mardi en Commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants en dépit des contestations de bon sens exprimées lors du débat et lors du vote par l’ensemble des partis de l’opposition. Il est également regrettable que les partis de la majorité n’aient pas répondu favorablement à l’invitation de cosigner une résolution analogue à celle votée par le Parlement européen, le 17 décembre dernier, par l’ensemble des partis belges présents dans cette même Commission.

De prime abord, le contenu de cette résolution tend à faire croire que les groupes de la majorité sont favorables à la reconnaissance de l’Etat palestinien, ce que nous considérons être une démarche positive. Mais en réalité c’est l’inverse qui y est exprimé. « Énoncer que la reconnaissance doit se faire au moment « jugé opportun » par le gouvernement tout en liant ce moment à trois conditions impossibles à remplir revient à considérer que la reconnaissance ne doit pas être envisagée par le gouvernement ni à court terme ni même à moyen et long terme » précise Rabab Khairy, chargée du dossier Moyen-Orient au CNCD-11.11.11.

Les groupes de la majorité ont fait le choix de lier la reconnaissance de l’Etat palestinien au bon-vouloir et au veto de l’Etat israélien. La majorité a également choisi de maintenir le statu quo entre Israéliens et Palestiniens que d’aucuns jugent intenable et dangereux pour les deux parties.

Si cette résolution est votée prochainement en séance plénière par la Chambre, ce sera clairement la plus faible des résolutions votées à ce jour par un parlement d’un Etat de l’Union européen. Plus grave, la Belgique enverra un message très négatif vis-à-vis du droit à l’auto-détermination du peuple palestinien, de la solution négociée de deux Etats coexistant dans la paix et la sécurité.

L’existence d’un Etat palestinien est une réalité juridique. Le Secrétaire général des Nations Unies vient de le rappeler il y a encore deux semaines en acceptant l’adhésion de « l’Etat de Palestine » à la Cour pénale internationale. « En refusant de reconnaître ce fait, la Belgique va contre le sens de l’Histoire. Elle doit reconnaître la Palestine immédiatement et sans tergiverser afin d’évacuer ce débat somme toute symbolique. Et, bien entendu, agir activement pour la résolution du conflit », conclut Rabab Khairy.

Organisations signataires :

Association Belgo-Palestinienne, CADTM Belgique, La Centrale générale-FGTB, CETRI, Centre Avec, CNAPD, FGTB-ABVV, Forum Nord-Sud, intal, Médecine pour le Tiers-Monde, MOC, Solidarité Socialiste, Union des progressistes juifs de Belgique

Voir en ligne http://www.cncd.be/Reconnaissance-d...

Notes

[1La résolution précise que la reconnaissance doit se faire au moment qui sera jugé « le plus opportun » en fonction des conditions suivantes :

 L’impact positif de cette reconnaissance afin de relancer ou d’appuyer un processus politique inclusif de négociations entre Israël et la Palestine ;

 L’évolution de la concertation entre les Etats-Membres de l’UE et des efforts de l’UE pour soutenir le processus de paix en vue d’une solution définitive et globale respectant les aspirations légitimes de paix, sécurité et prospérité des peuples palestinien et israélien ;

 L’existence d’un gouvernement palestinien de plein exercice ayant autorité sur l’ensemble du territoire palestinien


Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.

Lire aussi ...

De Gaza à l’Iran, la loi du plus fort s’impose

Pour la deuxième fois en moins d’un an, Israël et les États-Unis attaquent l’Iran. Pour la deuxième fois, ils le font alors que des négociations étaient en cours en vue d’arriver à un accord entre (…)

Gaza : après le génocide, le génocide

Alors que la situation en Palestine s’efface peu à peu des médias occidentaux, le peuple palestinien et les peuples arabes voisins continuent de subir la catastrophe du colonialisme israélien. À (…)

Palestine et Niger : entre enchantement et désenchantement démocratique

L’ouvrage collectif Mondes en guerre : Militarisation, brutalisation et résistances édité par le Centre tricontinental fin 2024 revient sur des tendances fortes observables dans la récente (…)

Le Groupe de La Haye et la bataille juridique sur la Palestine menée par la Colombie et l’Afrique du Sud

En présence des ministres du Groupe de La Haye, la Colombie et l’Afrique du Sud mènent une offensive juridique et politique historique contre l’impunité d’Israël. Les 15 et 16 juillet 2025, la (…)

Webinaire - Monde en guerre : militarisation et résistances

À revoir : le webinaire organisé par le CETRI le 10 avril autour de la sortie de Monde en guerre - Militarisation, brutalisation et résistances. Avec Sarra Grira, Garba Abdoul Azizou et Frédéric (…)

Néocolonialisme vert dans le monde arabe

Dans le monde arabe comme ailleurs, les modalités de la transition vers les énergies renouvelables sont surdéterminées par les intérêts des multinationales et les besoins d’approvisionnement des (…)

Entre le Vietnam, l’Algérie et la Palestine, passer le flambeau de la lutte anticoloniale

Introduction « La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec autant d’élégance, de (…)

Monde en guerre. Militarisation, brutalisation et résistances

L’Ukraine et Gaza ont abruptement remis la guerre au centre des agendas occidentaux. La médiatisation (différenciée) au Nord de ces deux affrontements ne doit cependant pas occulter la permanence, (…)

Israël-Palestine : violences sexuelles en temps de guerre

Le gouvernement israélien a utilisé les violences sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre 2023 pour enlever toute légitimité à la cause palestinienne et à ses soutiens, et justifier la guerre (…)

Gaza : à destruction sans précédent, réponse sans précédent

La guerre à Gaza est sans précédent, tant par l’ampleur des pertes humaines que par les destructions matérielles. Face à une telle dévastation, un simple cessez-le-feu est insuffisant. Israël doit (…)