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Où va le Venezuela ? (S’il va bien quelque part)

Comme à Cuba lors de la « Période spéciale », la très divisée opposition vénézuélienne s’attend à un effondrement du pouvoir qui n’arrive jamais, tandis que le gouvernement continue à dénoncer les complots extérieurs et que de nombreux Vénézuéliens expriment leur mécontentement et quittent le pays. L’économiste vénézuélien Manuel Sutherland revient sur la situation lors d’un entretien avec Pablo Stefanoni, rédacteur en chef de la revue Nueva Sociedad. Cet entretien a été réalisé avant le coup de force de l’opposition et l’autoproclamation de Juan Guaido comme président intérimaire du pays le 23 janvier.

La récente investiture de Nicolás Maduro pour un second mandat de six ans a rebraqué les projecteurs sur le Venezuela et sa crise. L’Assemblée nationale étant entre les mains de l’opposition et déclarée en desacato, « situation d’outrage », le président a prêté serment devant une Assemblée constituante qui, plutôt que de rédiger une Constitution, agit comme une sorte de supragouvernement. Entre-temps, l’aggravation de la crise n’a pas réussi à renforcer l’opposition qui, avec un nouveau chef à l’Assemblée nationale, cherche à dépasser sa division et à renaitre de ses cendres. L’économiste Manuel Sutherland propose quelques clés de lecture de la situation vénézuélienne, en élargissant le propos sur une révolution bolivarienne qui est sur le point de célébrer ses deux décennies.


Pablo Stefanoni : lors de son investiture, Nicolás Maduro a proposé « un nouveau départ ». Le chavisme étant au pouvoir depuis deux décennies, qu’est-ce que cela signifie ?

Lors son discours, Nicolás Maduro a fait une promesse qui résonne encore dans notre tête. En effet, le président a promis un « nouveau départ » en ponctuant ses phrases d’un « maintenant, oui », « cette fois, oui ». De telles propos pourraient donner de l’espoir à des millions de ses sympathisants quant à la possibilité de véritables changements structurels qui, d’une manière ou d’une autre, relèveraient le niveau de vie précaire dont souffre la population. Le problème, c’est que Maduro promet exactement la même chose depuis cinq ans : le changement, en demandant plus de pouvoir pour faire « plus pour le peuple ». En pleine hyperinflation, Maduro continue de promettre que « cette fois-ci, il va contrôler les prix » et qu’il traitera avec une « main de fer » ceux qui osent augmenter les prix des produits subventionnés. Cela fait la risée de la population. Chaque année, quand il promet de vaincre « cette fois-ci » la « guerre économique » imaginaire, les gens se contentent de baisser les yeux et de soupirer. Les promesses se dissipent rapidement. Le sourire ricaneur de certains de ses acolytes au cours de la cérémonie d’investiture en l’entendant faire de telles promesses est une véritable pièce d’anthologie.

Entre-temps, le PIB est en chute libre depuis cinq ans (2014-2018), du jamais vu pour notre économie. Des millions de bombes et le génocide nazi en Pologne ont provoqué une chute de 44 % du PIB entre 1939 et 1943. Celui du Venezuela a chuté d’environ 50% au cours des cinq dernières années, un record absolu pour le continent, une tragédie sans précédent. Pour les années 2017 et 2018, la crise s’est aggravée avec l’hyperinflation qui a battu plusieurs records du monde . Elle dure depuis environ 14 mois et est la huitième plus longue hyperinflation de l’histoire.

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