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Nicaragua : une grève contre les Ortega

A Managua, le président Daniel Ortega et son épouse répriment la contestation dans le sang. Retour sur un naufrage.

Article de Catherine Gouëset - L’Express (Paris), avec Bernard Duterme (CETRI), Delphine Lacombe (EHESS)...

Texte complet : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/nicaragua-greve-generale-contre-la-derive-sanglante-d-ortega_2015223.html.

Extraits :

L’ancien héros de la révolution met alors en place une « démocratie corporatiste », en s’alliant avec le patronat, autrefois voué aux gémonies, et l’Eglise. Il intègre dans son cabinet ses pires ennemis d’hier, le cardinal Obando ou Eden Pastora, le « Commandant Zéro », qui a longtemps combattu le FSLN. L’alliance avec le Venezuela de Hugo Chavez ne l’empêche pas d’établir de très bonnes relations avec Washington, pour qui il assure un contrôle de la migration à sa frontière sud.

« Ces dernières années, Rosario Murillo est devenue la figure la plus visible du danielisme », constate Bernard Duterme*, sociologue spécialiste du Nicaragua. En onze ans de gouvernement, Ortega n’a donné aucune conférence de presse ni accordé aucune interview ; il ne s’est pas éloigné à plus de 100 km de Managua depuis 2014."

Cette fois, Ortega prévoit de durer. En 2014 la Constitution amendée lui permet d’envisager une présidence à vie. Deux ans plus tard, La Chayo devient vice-présidente, alimentant les soupçons de préparation d’une succession dynastique alors que les rumeurs sur la mauvaise santé de « Daniel » se multiplient.

Le pouvoir d’Ortega bénéficie-t-il toujours d’une assise populaire ? Au moment de son retour à la tête du pays, en 2006, lors de l’ultime scrutin non entaché de fraude, il a obtenu 38 % des voix - il avait auparavant négocié avec le président Aleman un changement de la loi électorale permettant une victoire au premier tour de la présidentielle avec seulement 35 % des voix. « Aujourd’hui, ce soutien a sans doute beaucoup baissé, même s’il est impossible de le mesurer, souligne Bernard Duterme. En 2007, la conjoncture économique favorable et l’aide financière du Venezuela, équivalente à un quart du budget national, lui avaient permis d’adopter des mesures en faveur des plus modestes et de maintenir sa popularité. Mais le contexte économique s’est dégradé. Les prix des matières premières exportées par le pays ont chuté et la manne en provenance du Venezuela, lui-même en ruine, s’est tarie. »

* Bernard Duterme est l’auteur de Toujours sandiniste, le Nicaragua ? Editions Cetri-Couleur livres, septembre 2017.

Voir en ligne L’article complet de Catherine Gouëset

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.


Photo : B.Duterme (CETRI).

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