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Les travers de l’hyper-responsabilisation écologique individuelle

Nous portons tous la responsabilité du désastre actuel et futur. Mais en mettant le curseur sur l’individu, on oublie de questionner radicalement notre système de production et l’inaction des grands groupes capitalistes.

J’ai vingt-neuf ans et voilà pourquoi je me demande si je prendrai encore l’avion", était le premier titre de mon propos, allusion bien entendue à la contribution d’Olivier De Schutter parue ici ce 7 décembre dernier. L’auteur y livrait les raisons de son récent choix de ne plus prendre l’avion. Une contribution qui m’a donné l’envie d’en prolonger la réflexion et d’en questionner les dynamiques sous-jacentes.

De Schutter ne prendra plus l’avion

Est-ce que je prendrai encore l’avion ? Qui se posait cette question il y a quinze ans ? Certains groupes altermondialistes, quelques écolos mais, c’est sûr, elle faisait rarement irruption dans les pages des quotidiens que l’on connaît. Or, aujourd’hui, il n’est plus exceptionnel que nos comportements individuels soient interpellés au nom de l’écologie (même dans les publicités). Et les slogans, comme les injonctions sont presque toujours adressés à nos individualités. Le discours ambiant voudrait que chacun fasse sa part, que chacun porte, dans son petit bec de colibri, les trois gouttelettes nécessaires à son confort personnel de cohérence, trois gouttelettes qui vont rejoindre les trois autres de son voisin ou de sa voisine, ou les deux, et former ainsi un Canadair capable d’éteindre l’incendie qui ravage notre planète.

Symptomatique de ce que j’appelle aujourd’hui l’hyper-responsabilisation écologique individuelle. Aujourd’hui, nous portons chacun et chacune le poids du changement climatique, la responsabilité du désastre écologique actuel. Il est apparu à nos consciences que si nous persistons à consommer, à nous déplacer, à nous… de la sorte, nous pouvons sans doute dire adieu à la planète telle que nous la connaissons. Dès lors, pour éviter d’être dans la «dissonance cognitive», comme le souligne Olivier De Schutter, ceux et celles qui le peuvent, qui le veulent agissent au quotidien sur leurs comportements.

Rendre invisible les responsables

L’objectif de cette tribune n’est pas de tergiverser sur le bien-fondé ou pas de cette hyper-responsabilisation, mais plutôt de souligner ce qu’elle peut parfois invisibiliser. Loin de moi l’idée d’opposer deux logiques de luttes : celle qui s’ancre dans la modification au quotidien de ses comportements et celle qui tend à modifier les cadres collectifs. Elles sont, bien entendu, complémentaires si elles arrivent à dialoguer, à se reconnaître et à s’articuler. Mais je vois dans l’hyper-responsabilisation écologique trois véritables écueils : elle a tendance à mettre le curseur du changement uniquement sur l’individu, elle invisibilise les premiers responsables et ne questionne pas radicalement notre système de production.

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@Ronald Santerre - Flickr