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Interview

Les biocarburants lèsent l’agriculture familiale

« Dans les pays du Sud, les agrocarburants se développent au détriment de l’agriculture familiale ».
François Polet, chercheur au CETRI (Centre tricontinental) à Louvain-la-Neuve, ne dénonce pas
les agrocarburants en soi, mais il
remet en cause le modèle actuel
de leur développement dans les
pays du Sud. Témoignage.

Le problème ce ne
sont pas les agro-
carburants en soi,
mais le modèle
de production
agricole « grande
échelle », « indus-
triel », contrôlé par
l’agrobusiness, quel que soit le débouché
– alimentaire, énergétique, industriel,
cosmétique, etc. De fait, les mille et un
produits à base d’huile de palme que l’on
consomme posent autant de problèmes
que le biodiesel à base d’huile de palme,
la viande nourrie au soja brésilien que
le biodiesel brésilien, etc... Il n’en reste
pas moins que la demande supplémentaire en matières premières agricoles
pour agrocarburants contribue bel et
bien (même si elle n’est pas la seule !) à
alimenter ce modèle, à lui faire gagner
du terrain sur l’agriculture familiale et
les environnements naturels. Donc les
agrocarburants ne font pas que « révéler » un modèle de production dont, il est
vrai, il ne sont pas le principal débouché,
ils participent à son expansion dans des
proportions non négligeables.
« J’ai pu constater très concrètement
comment la demande en éthanol contribue à repousser la frontière agricole au
Brésil. On constate la même expansion
de cultures spécifiquement dédiées
aux agrocarburants (pour exportation
ou consommation interne) dans des dizaines de pays du Sud. Or, à la différence
des autres demandes, cette demande
pour agrocarburants est le résultat d’une
politique publique, de choix politiques
délibérés, qui plus est élaborée et justifiée au nom de l’environnement... »

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Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.