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Aide au développement

Le système a besoin d’être critiqué

Affaiblissement des institutions des pays aidés, dépendance, corruption… L’aide
au développement n’est pas sans risques pour le Sud, surtout lorsqu’on refuse de s’attaquer
aux problèmes de fond et de redéfinir le concept même de développement.

Dès les années 1990, les bailleurs de fonds
ainsi que le milieu associatif et académique
signalent un nombre important d’effets
pervers du système d’aide publique au
développement (APD). La plupart des pays
aidés présentent alors des indicateurs de
développement médiocres et sont de plus en
plus dépendants de l’aide. Des voix critiques
dénoncent une ingérence démesurée des
pays bailleurs dans les affaires internes des
pays aidés. On fustige également l’attitude
de nombreuses agences d’aide qui, en
concurrence les unes avec les autres, distribuent
des per diem aux décideurs locaux
afin de se voir attribuer le plus grand nombre
de projets. En outre, les années 1980
et 1990 sont les années néolibérales, et
cette idéologie dominante suggère que des
organisations privées pourraient s’occuper
mieux de la coopération internationale.

Dans ce contexte, une centaine de responsables
d’organismes d’aide signent en 2005
la « déclaration de Paris », où ils s’engagent
à revoir leurs pratiques. Le maître mot
de cette déclaration est l’appropriation. Il
faut que les États bénéficiaires soient les
maîtres d’oeuvre de leurs propres stratégies
de développement et que les agences
d’aide subordonnent leurs actions aux programmes
définis par les gouvernements
locaux. Les bailleurs de fonds s’engagent
également à peser moins sur le fonctionnement
des administrations locales tout en
augmentant les visites, les évaluations, les
consultations… Parallèlement, la déclaration
demande aux pays aidés de réformer
leurs propres systèmes administratifs et
leur gestion financière interne. Ils sont
encouragés à aller vers plus d’efficacité et
de transparence.

Hélas, nous constatons que tous ces engagements
n’ont pas été suffisamment respectés.
Les rapports entre pays aidants
et pays aidés se sont avérés très difficiles
à renverser et un grand nombre de pays
du Sud continue d’être largement dépendant
de l’aide publique au développement.
Par ailleurs, les gestionnaires de l’aide
subissent des pressions pour que les programmes
financés soient exécutés de
manière rapide, ce qui les pousse à travailler
avec leur propre personnel plutôt qu’avec le
personnel local et à privilégier les programmes
à court terme au détriment d’actions
comme la formation et le renforcement des
capacités locales, qui sont moins visibles et
demandent plus de temps. Enfin, l’idéologie
dominante est loin de remettre en cause le
concept de développement alors que, dans
un contexte de crise économique et écologique,
il aurait besoin d’être repensé.

Pour en savoir plus sur le sujet

Télécharger Aide au développement-Convergence PDF - 111.5 ko

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.