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L’Afrique minée par les conflits : les véritables enjeux de l’action humanitaire

L’Afrique connaît aujourd’hui des guerres et des conflits aux conséquences humanitaires catastrophiques. Leurs origines et les obstacles à leur résolution renvoient à de multiples facteurs, parmi lesquels jouent un rôle non négligeable l’affaiblissement des Etats, le redéploiement stratégique du « banditisme international » par le biais des trafics de drogues, d’armes, de matières premières, la disparition des mécanismes traditionnels de régulation, etc. La faiblesse majeure des intervenants humanitaires en Afrique, toujours captifs de l’idéal missionnaire, réside dans la disqualification qu’ils opèrent des acteurs et des capacités endogènes : instrumentalisation, marginalisation, ignoranceY D’autres malentendus ou divergences d’intérêt prévalent entre le Nord et le Sud, à l’heure des interventions. Là où les intervenants du Nord visent la stabilisation, synonyme de statu quo politique, des acteurs du Sud pourraient à l’inverse parier sur le potentiel transformateur d’une crise. Les ressorts, les logiques et les normes de fonctionnement du complexe humanitaire entrent également régulièrement en contradiction avec les conceptions et les intérêts locaux. Les mises à mort lentes des Etats africains au nom du libéralisme constituent un facteur essentiel d’aggravation et de déstructuration des conflits (criminalisation des économies, privatisation des violences, incapacité des sociétés civiles à agirY). Une nouvelle génération d’élites politiques africaines est appelée à redonner de la légitimité aux Etats de droit, sur la base de partenariats équitables avec les acteurs internationaux.

Interventions humanitaires ?

Interventions humanitaires ?

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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