• Contact
  • Connexion

RD Congo

Gouvernance et leadership dans l’est de la RDC

En République Démocratique du Congo, les espoirs sont grands de voir le pays avancer vers une démocratie. Ces derniers mois en effet, un processus électoral appuyé par la communauté internationale a permis l’élection d’un nouveau président ainsi que d’un parlement et d’assemblées provinciales. Ces élections ne représentent pas seulement la fin officielle de la période de transition mais constituent aussi les premières élections démocratiques depuis plus de quatre décennies. Les élections congolaises ne mèneront cependant pas à la démocratie, du moins si elles ne sont pas accompagnées d’une nouvelle culture politique et d’un nouveau mode de gouvernance. Or, cette nouvelle culture est actuellement loin d’exister.

Plutôt que de tracer la voie vers un système démocratique et transparent, le processus de paix a reconfirmé la logique patrimoniale et l’utilisation de postes publics pour l’enrichissement privé. Checkpoints, convocations, amendes et taxes sont devenus autant de tactiques permettant d’augmenter les revenus personnels. Aucun échelon de la société n’est épargné par ces pratiques : du paysan devant affronter les représentants de la division du développement rural, de la production agricole, de l’environnement et du transport, jusqu’aux ONG’s locales, chaque nouvelle initiative est perçue par les fonctionnaires d’Etat comme une occasion de générer des ressources additionnelles.

Le processus de paix n’a eu que très peu d’impact sur ces pratiques de « gouvernance ». Les anciens chefs rebelles ont été élus comme membres du parlement ou ont été nommés à des postes de l’administration, tandis que les administrations mises en place par les rébellions ont été intégrées dans les structures d’Etat. En l’absence de tout mécanisme susceptible de forcer les fonctionnaires à adopter des pratiques transparentes comme à rendre des comtes, les représentants d’Etat demeurent « intouchables ». cela explique pourquoi, en RDC, on affirme souvent que « ceux qui gouvernent ne connaissent que leur bouche et leur ventre ».

Ce rapport analyse les pratiques actuelles de gouvernance dans l’est de la RDC, où un long processus de déclin de l’Etat et plus de dix ans de conflit ont fortement réduit les capacités de l’Etat et ont causé une crise de gouvernance généralisée. Partant d’une analyse historique de la crise, le rapport évalue certaines structures étatiques, tels que le système judiciaire local et la gestion des ressources publiques. Il évalue encore l’impact de la guerre et du processus de paix sur ces pratiques de gouvernance, la position de la population congolaise, le rôle des organisations de la société civile dans la promotion de la bonne gouvernance, ainsi que les efforts actuels fournis par les bailleurs internationaux. A partir de cette évaluation, le rapport conclu que la promotion de la bonne gouvernance devrait être partie intégrante de chaque programme développé par les bailleurs et les partenaires locaux. Ces programmes ne devraient pas affaiblir l’Etat mais plutôt l’aider à devenir plus efficace. Une stratégie possible serait d’aider les autorités locales ou les chefs de village à renforcer leur capacité de gouvernance plutôt qu’à les démettre de leurs responsabilités. Une autre stratégie serait de renforcer les approches participatives, telles que les comités de développement locaux ou les « noyaux de légitimité », qui garantissent que les initiatives s’enracinent dans les besoins locaux. En conclusion finale, bailleurs et acteurs locaux devraient exploiter les opportunités offertes par la nouvelles constitution et le processus électoral pour renforcer les capacités de gouvernance des structures étatiques élues.

Voir en ligne http://www.psw.ugent.be

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.