A travers la question des agrocarburants, c’est celle de notre mode de développement qui est posée
Entretien avec François Houtart, professeur émérite de l’Université catholique de Louvain, fondateur et président du Centre Tricontinental de Louvain-la-Neuve et secrétaire général du forum mondial des alternatives.
par David Gabriel (Autre Terre)
François Houtart, qui va publier un livre sur les agrocarburants au début de l’année 2009, nous en parle avec une grande simplicité et tente de nous faire comprendre que toutes les crises que nous vivons actuellement sont étroitement liées. A travers le thème des agrocarburants, ce sont tous les enjeux de notre mode de développement actuel qui sont soulevés. Il nous invite à plonger au cœur du problème que nous vivons.
Lire l’original joint ci-dessous ou sur www.autreterre.org
Face à la crise énergétique et la prévision de la fin du pétrole pour dans 40 ans ainsi que celle du gaz naturel pour dans 60 ans, il faut se pencher sur une recherche d’alternatives énergétiques.
Une des solutions auxquelles on a pensé est de produire de l’énergie classique utilisée aujourd’hui, c’est-à-dire l’essence, produite au départ d’alcool, et le diesel, au départ d’huile, avec des supports naturels (venant de l’agriculture, d’où le nom d’agrocarburant, agroénergie).
Ce n’est pas nouveau, le premier moteur diesel a fonctionné avec de l’huile de palme. Mais monsieur Diesel, ingénieur allemand, a finalement adopté l’huile venant du pétrole parce que celui-ci était plus abondant, plus efficace d’un point de vue énergétique et moins cher.
Maintenant qu’on voit la fin de l’énergie fossile, une des solutions face aux énormes consommations d’énergie du monde (et qui ne font que croître) est de développer des agrocarburants.
Avant on les appelait les biocarburants — car réalisés au départ de matières vivantes comme la canne à sucre, le blé, la palme, le maïs, le soja, etc. — mais ce nom a été rejeté par les mouvements paysans car « bio » est associé à « vie » et donc à quelque chose de très positif. Or, les mouvements paysans se sont très vite rendus compte (pour des raisons qui seront développées plus loin) que les biocarburants n’étaient pas du tout une solution positive, ni pour le climat, ni surtout pour les agriculteurs. Ils ont donc refusé cette dénomination pour se diriger vers le terme « agro ».
Quels sont les acteurs concernés par les agrocarburants ?
Ce qui est intéressant c’est qu’au départ, il y a une bonne dizaine d’années, cette idée des agrocarburants avait plutôt été proposée par les écologistes, en réponse au problème du climat et était connotée à gauche. En dix ans de temps, cela a complètement basculé. Aujourd’hui, c’est une idée qui est portée par la droite et par des acteurs nouveaux qui ont transformé leur position en peu de temps.
Ces acteurs sont les grandes compagnies de l’agrobusiness car elles y voient des possibilités de commerce très importantes, de l’exportation de produits provenant de l’agriculture dans le tiers-monde. Il y a aussi les industries pétrolières qui tiennent à garder un monopole sur les combustibles et qui voient que dans quelques années elles n’auront plus leurs sources pétrolières. Elles veulent donc accéder à de nouvelles sources et les contrôler. Il y a l’industrie chimique qui produit des fertilisants et des pesticides qui seront utilisés dans les monocultures destinées à la production des agrocarburants et enfin, l’industrie automobile.
Et donc il y a une sorte de cartel informel qui se construit entre ces grands secteurs économiques pour développer les agrocarburants.
Il faut aussi ajouter le capital financier : les banques d’affaires, les assurances, les fonds de pension bref, toutes les entités classiques qui cherchent à faire de l’argent avec l’argent. Ces entités n’étaient auparavant pas du tout orientées vers l’agriculture – qui a subi un grand manque d’investissement – mais comme elles s’orientent vers ce qui est le plus rentable dans l’immédiat, elles se sont investies dans les matières premières (qui ont subi une augmentation énorme de prix) et se sont aussi précipitées vers l’agriculture (notamment à cause des agrocarburants et de la hausse des prix des produits alimentaires qui permet de faire beaucoup de profits…) de grands spéculateurs financiers ont acheté des centaines de milliers d’hectares de terres au Brésil pour produire de la canne à sucre et donc de l’éthanol.
D’où la crise alimentaire, qui est surtout due à la spéculation plus qu’à un manque de production. C’est une spéculation sur les prix qui fait que les prix augmentent et que les pauvres ne peuvent plus acheter les aliments. Tout cela est dû à des manœuvres du capital financier qui pousse la spéculation et fait donc augmenter les prix.
Par exemple, de grands spéculateurs financiers ont acheté des centaines de milliers d’hectares de terres au Brésil pour produire de la canne à sucre et donc de l’éthanol. Pourquoi ? Parce qu’on attend des prix intéressants dans ce domaine et donc on investit pour avoir un gain à court et moyen terme lorsqu’il s’agira de vendre cette production au meilleur prix (l’intérêt n’est pas l’usage de la production en tant que telle mais bien sa valeur d’échange et donc la possibilité pour l’investisseur d’en tirer un bénéfice).
Enfin, un autre secteur intéressé est celui des semences car cela va promouvoir les OGM.
Quelle est la position des gouvernements et des paysans ?
Certains gouvernements étaient très intéressés par les agrocarburants. Ceux du Nord sont intéressés par l’accès aux sources énergétiques et l’Union européenne a demandé que, pour 2010, 10% du carburant utilisé dans les véhicules soient des agrocarburants (et 20% en 2020)1. Même s’ils gardent des réserves et ne produisent pas tout ce qu’ils pourraient produire, les états-Unis sont aussi extrêmement intéressés car ce sont les plus concernés par la perte de production pétrolière. Ils ne produisent plus que 7% de leur consommation (alors qu’avant ils étaient autosuffisants), donc ils sont de plus en plus dépendants vis-à-vis de l’extérieur. Puis il y a eu les actions contre la production en Alaska pour ne pas détruire l’environnement.
Le problème des USA est donc la dépendance vis-à-vis du Moyen-Orient, du Venezuela, de la Bolivie… Ils se sont donc lancés dans l’éthanol et en ont produit avec le maïs, et des subsides énormes. Cela a fait également grimper les prix des produits agricoles.
D’autre part, dans le Sud, des gouvernements comme en Colombie et au Brésil voient la possibilité d’augmenter leurs exportations au départ de l’agriculture et donc se lancent aussi là-dedans à grand renfort de subsides et avec des effets catastrophiques. Mais dans l’immédiat, c’est une source de profit.
Les gouvernements sont donc intéressés. Toutefois, en Europe on a fait marche arrière. Les autorités se sont plus ou moins rendues compte des effets écologiques et sociaux de ces productions. Mais ailleurs pas du tout. Les plans gouvernementaux en Afrique, en Indonésie et en Amérique latine sont d’étendre sur des millions d’hectares les productions d’agrocarburants.
Enfin, le monde paysan est un peu diversifié dans ses intérêts. En Europe certains y ont vu une possibilité de recultiver des terres qui étaient en jachères. Et donc d’avoir des revenus supplémentaires pour le monde paysan voire d’être un élément de transformation de la PAC2. Mais très rapidement les paysans du Nord ont compris que le secteur était dominé par les multinationales et qu’ils allaient être dépendants de l’agrobusiness. Ce n’était donc pas eux qui allaient dominer le secteur mais bien les grandes entreprises. Ils ne seraient qu’un échelon instrumentalisé, peu influent sur les prix et les méthodes de production.
Dans les pays du Sud c’est bien pire, car l’extension des terres pour agrocarburants utilise 10 fois moins de main-d’œuvre (vu les systèmes de monocultures) tout en détruisant des tas de choses. Ils ont en plus comme corollaire d’expulser des petits paysans de leurs terres. En fait, ce sont des millions de paysans qui sont déplacés. On estime que si les plans actuels sont réalisés, on va déplacer plus de 60 millions de personnes. Comme elles ne sont plus nécessaires on les expulse de force ou on les assassine. Je reviens de Colombie et j’ai vu ces manières d’agir il y a 15 jours. C’est épouvantable. Il arrive aussi qu’on détruise les communautés locales en tuant sélectivement les leaders pour que les gens s’en aillent. Ou encore on les force à vendre leurs terrains en disant aux paysans que s’ils ne veulent pas négocier, on négociera avec leurs veuves.
Donc c’est vraiment une entreprise dramatique pour le monde paysan des pays en développement. Déjà maintenant le nombre de gens déplacés — pas uniquement pour les agrocarburants mais pour tout le système de monocultures — se chiffre par millions.
Les acteurs paysans conscients (comme ceux par exemple du mouvement Via Campesina3) ont pris une position tout à fait opposée, non pas aux agrocarburants comme tels mais à la manière dont les agrocarburants servent aujourd’hui le système capitaliste. Ils ne sont pas opposés à ce que des communautés locales, dans le cadre de la biodiversité et de l’économie de l’agriculture paysanne, produisent aussi ce dont ils ont besoin en énergie ou vendent une partie de ce qu’ils ont produit à l’extérieur. Mais ce à quoi elle s’oppose c’est tout le système dans lequel s’inscrit cette initiative aujourd’hui, à la fois pour satisfaire les besoins des pays du Nord et faire peser tout le coût sur les pays du Sud, et avec un monopole économique de grandes multinationales et des modalités de production imposées.
Pouvez-vous nous donner une vision globale des grands enjeux des agrocarburants ?
Les enjeux sont d’abord écologiques. On s’est rendu compte que le bilan relativement positif des agrocarburants sur le plan de l’émission du CO2 (du gaz carbonique et des autres gaz à effet de serre) était erroné car il ne tenait pas compte de l’ensemble du processus. C’est-à-dire de la manière dont on produit, transforme et distribue ces agrocarburants.
Quand on prend tous ces éléments en compte, on voit que le bilan n’est pas positif. Ce n’est donc pas une solution pour le climat et c’est pratiquement aussi destructeur que l’énergie fossile.
En effet, pour pouvoir étendre les cultures d’agrocarburants on détruit des forêts, des zones d’alimentation et généralement les cultures comme le soja, la palme et la canne à sucre sont très destructrices pour le reste de l’environnement, absorbent énormément d’eau, polluent indirectement les sols et l’eau (car on utilise des fertilisants et des pesticides) et détruisent la biodiversité. J’ai fait des kilomètres dans des zones de palmeraies en Colombie, et on ne voit plus un oiseau, plus un papillon, plus un poisson dans les rivières ! Tout est détruit parce qu’on épand des pesticides ou des fertilisants par avion, et donc on tue tout sauf la plante.
Il y a de ce fait un coût écologique énorme.
Par ailleurs, pour produire et transformer les matériaux d’origine végétale, on utilise de l’énergie et notamment de l’énergie fossile. Donc on envoie du CO2 dans l’atmosphère ! Et puis il faut la transporter (par camion, par bateau, par oléoduc éventuellement). Donc là aussi on utilise de l’énergie. Quand on met tout ça ensemble on se dit que ce n’est pas une solution pour le climat. Or toute la propagande va dans ce sens. On a de l’essence verte… tout est vert maintenant n’est-ce pas ? Et quand on est vert on est le bienfaiteur de l’humanité, donc…
Les effets destructeurs au niveau écologique peuvent être évités si on respecte la biodiversité et l’agriculture paysanne. Dans ce cas, il y a moyen de produire des agrocarburants en petite quantité mais qui ne vont pas répondre à l’énorme besoin d’une société « énergivore ». C’est donc là-dessus qu’il faut agir : sur la consommation plus que sur la production.
Ensuite, il y a une destruction sociale.
On expulse les petits paysans, on réduit le travail et les coûts sociaux sont l’urbanisation sauvage car ces gens vont remplir les bidonvilles et des pressions migratoires vont aussi se faire sentir. Ces coûts devront être supportés par la communauté ou par les individus. Ce sont des externalités, comme on dit dans le langage économique. Cela n’entre pas dans les coûts du marché ! Cela commence à entrer dans les calculs le jour où ça affecte le taux de profit. à ce moment-là on commence à s’y intéresser. C’est au moment où la destruction du climat a commencé à influencer les taux de profit (augmentation des coûts de production…) que les milieux d’affaires du capitalisme ont commencé à prendre en compte le problème écologique. Avant ça, on pouvait détruire des régions entières et polluer l’atmosphère de millions de personnes (les classes populaires, pas les milieux bourgeois !).
Evidemment, ces effets vont également affecter les pays du Nord puisque les migrations ne vont cesser de croître. On pronostique que si ça continue, pour la moitié du siècle, rien que les effets purement climatiques entraîneront 150 à 200 millions de migrants climatiques. Ce sont des gens qui ne pourront plus continuer à vivre à l’endroit où ils vivent maintenant.
Et nous en arrivons aux conséquences politiques. Tous les murs qu’on est en train de construire, que ce soit en Méditerranée, à la frontière mexicaine ou entre l’Inde et le Bengladesh ne tiendront pas !
De plus, ce phénomène est aussi lié à la diminution de l’eau potable (problèmes d’accès et de pollution).
L’utilisation de l’énergie, et comme nous le voyons de l’énergie dite propre, continue à dégrader le climat. Et cette dégradation va avoir des effets qui vont se multiplier dans les années à venir et auront également des effets économiques. La fonte des glaciers et donc l’élévation du niveau des mers fait que plusieurs îles du Pacifique sont en train de disparaître et que leur population émigre en Nouvelle-Zélande. En Asie centrale, la chaleur et la sécheresse deviennent telles que les premiers émigrants arrivent en Russie. Déjà maintenant les Pays-Bas ont décidé de consacrer deux milliards d’euros à renforcer les digues du côté d’Amsterdam car la montée des eaux est telle que dans 20-25 ans, Amsterdam sera complètement sous eau. Mais ce n’est pas seulement Amsterdam ! C’est New York, Lagos, Dakar, Djakarta. Et dans le Sud, les pays n’ont pas les moyens de résoudre ces problèmes ! Nous allons donc au-devant de sérieuses difficultés au niveau économique.
Si la température augmente d’un degré en Inde, ça va affecter de 40% la production du riz.
Ces conséquences ne sont évidemment pas uniquement les effets des agrocarburants, mais il est important de savoir que ceux-ci, qui sont présentés comme une solution n’en sont pas une pour le climat et sont trop marginaux pour donner une réponse à la crise énergétique. Par contre, on se rend compte que c’est une solution formidable pour des gains à court et moyen terme du capitalisme. Donc il y a un fort investissement là-dedans car il y a beaucoup d’argent à gagner dans les dix années qui viennent. Et le calcul du capital est toujours à court terme. Il faudra trouver autre chose lorsque ce cycle-là sera terminé !
Auriez-vous quelque chose à ajouter par rapport à ce thème ?
Oui. Ce problème des agrocarburants pose la question beaucoup plus fondamentale d’un changement de mode de développement. Celui qui est prôné depuis la période néolibérale pousse à de trop grandes dépenses énergétiques. Rien que la libéralisation des échanges sur le plan international fait que 62% de la production mondiale passent par les mers. C’est tout à fait irrationnel ! Pour les produits agricoles qu’on nous vend, on proposait de mettre dans les magasins non seulement le prix mais le nombre de kilomètres qu’ils ont fait pour arriver au supermarché… Le problème fondamental est de changer le mode de production et de consommation car nous faisons exploser notre planète et à continuer ce genre d’attitude on va vers l’impasse écologique et sociale.
La crise financière n’est qu’un épiphénomène de quelque chose de beaucoup plus profond. à la fois la crise alimentaire, énergétique, climatique, sociale… tout ça fait un ensemble lié à la logique du développement actuel. Et celle-ci est orientée par la logique de l’accumulation du capital et pas par la logique des besoins des gens. Les agrocarburants sont une manière de poser le problème que nous vivons. Ils permettent de montrer que c’est à une transformation plus radicale de tout le mode de vie — et finalement du sens même de l’univers et de l’humanité — que nous sommes invités. C’est ça qui est en jeu.
Quelles sont les pistes à suivre pour changer notre mode de développement ?
Il y a 4 axes :
l’axe écologique qui implique la mise en place d’une autre philosophie vis-à-vis des rapports à la nature et d’avoir le contrôle collectif des ressources naturelles pour qu’elles ne soient pas soumises au marché et des opportunités nouvelles de profits ; Le mode de développement qui est prôné depuis la période néolibérale pousse à de trop grandes dépenses énergétiques.
privilégier la valeur d’usage sur la valeur d’échange (qui est la base du capitalisme). Les conséquences seront d’arrêter les échanges libres qui profitent uniquement au capital et non aux gens. Mais aussi une utilisation moindre de matières premières et d’énergie, une augmentation de la durée de vie des produits qui sont actuellement réalisés en vue d’être constamment remplacés ;
la démocratie : que les décisions soient véritablement démocratiques dans toutes les institutions et partout où il y a des rapports sociaux. Cela permettrait un plus grand contrôle de la base sociale et un plus grand équilibre entre les gens (et les genres) au sein des différentes institutions ;
et enfin, la multiculturalité : c’est-à-dire la possibilité pour toutes les
cultures de participer à ce projet de développement. Ce qui signifie la fin du monopole occidental et une participation plus large pour sortir d’un monde inséré dans le cycle du capitalisme.
Et tout ça, c’est possible. Cela ne demande pas la révolution totale. Ce sont des choses concrètes qui peuvent être échelonnées dans le temps mais qui demandent des décisions politiques et qui vont absolument à l’encontre des intérêts du monde capitaliste. Tout va dépendre de la résistance de ce monde et de la puissance qu’il représente. Car même ses crises il les change en opportunités nouvelles.
Il est important que les gens prennent conscience de ces différents enjeux et changent également leurs modes de fonctionnement mais il ne faut pas uniquement mettre en avant des solutions individualisantes.
Il est vrai qu’il faut agir en réduisant sa consommation, en travaillant à l’isolation de sa maison, en utilisant moins son auto, etc. Il faut en effet faire tout ça mais à ne prendre que ça en compte, on place uniquement la responsabilité de ce qui se passe sur l’individu (avec parfois aussi un aspect moral, voire religieux) sans toucher à l’ensemble du système capitaliste. Il faudrait pouvoir aller beaucoup plus loin et remettre en cause le système lui-même. Nous devons travailler au changement collectif de la société.
Entretien : David Gabriel
1. En Belgique, on tente par exemple d’en faire avec, entre autres, la betterave (à Wanze et du côté de Gand). Il paraît que du côté flamand ça ne marche pas très bien mais ça fonctionne du côté wallon.
2. Politique agricole commune
3. La Via Campesina est la coordination des mouvements paysans dans le monde. Elle a commencé ses activités il y a une quinzaine d’années et doit avoir 125 mouvements paysans affiliés.
Info :
www.cetri.be
Livre à paraître :
L’agroénergie, solution pour le climat ou avantage pour le capital ? Par François Houtart aux éditions Couleur Livres


