Traite et exploitation sexuelle à la frontière du Mexique et des Etats-Unis

Le phénomène migratoire à l’œuvre à la frontière du Mexique et des Etats-Unis est d’abord le résultat d’asymétries structurelles profondes entre les deux pays. Point de rencontre le plus étendu et le plus dramatique entre le Nord et le Sud, cette frontière cristallise aussi la logique d’un système qui à la fois renforce la loi et la contourne. Depuis 1990, parmi les migrants latino-américains vers cette région ou au-delà, on a assisté à une croissance soutenue de la proportion de mineur(e)s célibataires. Plus vulnérables, après une tentative ratée de traverser la frontière seuls, ils tombent souvent dans les mailles du commerce sexuel. Les villes frontalières de Tijuana et de Ciudad Juarez constituent depuis plusieurs décennies des centres de délassement sexuel pour touristes ou militaires, essentiellement étasuniens, dont l’essor a été étroitement lié aux prohibitions et aux guerres. Aujourd’hui, l’instabilité et la croissance démographique anarchique de ces zones de transit prédisposent au développement de l’exploitation sexuelle d’enfants, victimes de l’appétit pervers des uns, de l’appât du gain des autres et de la corruption des autorités.

Prostitution, la mondialisation incarnée

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Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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