Repenser la migration : les flux de « matière grise » de l’Inde vers les États Unis

Ces dernières années, les progrès en matière de technologies de l’information ont provoqué des transformations considérables dans les modes d’organisation du travail à l’échelle planétaire. La possibilité qu’ont désormais les informaticiens d’opérer à distance, par le biais des lignes à haut débit, débouche inévitablement sur des changements significatifs dans les flux internationaux de main d’œuvre, en particulier entre l’Inde et les États Unis. Des changements qui ne peuvent être réduits au schéma commercial de l’import export ou au schéma organisationnel de la sous traitance et de l’externalisation. La « migration virtuelle de main d’œuvre » qui consiste à travailler à l’étranger tout en gardant le travailleur à domicile sort la problématique des migrants de ses frontières habituelles. Les forces de la globalisation peuvent dès lors être analysées du point de vue de leurs effets « localisant ». Le capitalisme contemporain y gagne une flexibilité nouvelle dans le recrutement de main d’œuvre, qui permet en outre aux entreprises d’une part, d’éviter toute tension avec l’État nation au sujet de l’immigration étrangère, des coûts de son intégration physique, sociale et culturelle... et d’autre part, étant donné le caractère invisible du travail virtuel, de ne pas manifester publiquement leur préférence pour une main d’œuvre étrangère hautement qualifiée, plus souple et bon marché... L’évolution constante des instruments de production oblige à repenser les relations entre les États, les entreprises et la main d’œuvre globale.

Genèse et enjeux des migrations internationales

Genèse et enjeux des migrations internationales

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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