Réflexions sur le 25e anniversaire de la Déclaration de l’Organisation mondiale de la santé à Alma Ata

La Déclaration de l’Organisation mondiale de la santé en 1978 à Alma Ata appelait à « la santé pour tous à l’horizon 2000 » et préconisait une politique de « soins de santé primaire ». La vision endogène, intégrale et progressiste proposée était le fruit de l’équilibre des pouvoirs qui prévalait alors, aussi bien à l’intérieur des frontières nationales qu’entre les États. Dès le début des années 1980 cependant, les rapports de force ont évolué au détriment de l’esprit d’Alma Ata et au bénéfice des conceptions technocratiques et mercantilistes des gouvernements du Nord. Ceux ci, en intelligence avec les élites des pays pauvres, ont tourné le dos aux objectifs et aux méthodes contenus dans la Déclaration. Depuis, la santé publique n’a cessé d’être malmenée. Les politiques nationales ont été contraintes de s’aligner sur les orientations des institutions financières internationales et sur les besoins des marchés. Des programmes spécifiques, dispendieux, verticalistes et délétères pour les systèmes de santé locaux se sont multipliés, sans incidence positive durable sur l’état sanitaire et les conditions de vie des populations pauvres. Il est grand temps de faire à nouveau des peuples les acteurs de premier plan de la santé. Les efforts de convergence à l’échelle mondiale de mouvements populaires mobilisés sur ces thèmes, notamment dans le cadre des Forums sociaux mondiaux, font poindre une lueur d’espoir. Ne serait ce qu’en rappelant l’existence de la Déclaration d’Alma Ata à ses signatairesY

Les obstacles à la « santé pour tous »

Les obstacles à la « santé pour tous »

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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