Prostitution hier et aujourd’hui : le chemin de Buenos Aires

L’analyse comparative des débats sur la prostitution dans l’Argentine d’il y a un siècle et d’aujourd’hui met au jour changements et continuités de la rhétorique, autour de plusieurs axes : la pauvreté comme « explication » de la prostitution ; le rôle final qui incombe à l’État, tenu de réglementer la prostitution ou au contraire de l’abolir, de la punir ; une opposition marquée des opinions publiques à l’idée même de prostitution et à sa visibilité ; l’impunité et le pouvoir des organisations de proxénètes ; la liberté des femmes ou la coercition exercée sur elles ; la prostitution considérée ou non comme un « métier » ou un « service » ; les profits que cette activité génère et les lois du marché ; les liens avec les pouvoirs politiques corrompus qui protègent ces « commerces » ; l’importance de la traite internationale et l’impact de la mondialisation... Un double discours continue à prévaloir : d’un côté, « mal nécessaire » et droit acquis des hommes dans les sociétés patriarcales contemporaines ; de l’autre, réprobation morale hier, et défense des droits humains aujourd’hui. Comment peut-on considérer la traite sans la mettre en rapport avec la prostitution ?

Prostitution, la mondialisation incarnée

Prostitution, la mondialisation incarnée

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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