Prostitution et traite des femmes au Maroc

Malgré des dispositions juridiques répressives, la prostitution marocaine est en plein essor : 200 000 prostituées sur le territoire national, souvent aux mains de proxénètes. De plus en plus, les marocaines sont exploitées dans le cadre de réseaux organisés, qui s’internationalisent rapidement. Les monarchies du Golfe et l’Europe sont les pays de destination et l’image de la prostituée marocaine y est devenue un stéréotype. Marchandisation des corps et monétarisation des rapports sociaux explosent à la faveur de la mondialisation néolibérale. Si la pauvreté est souvent un facteur nécessaire à la prostitution, elle ne l’induit pas automatiquement. D’autres facteurs psychosociaux et culturels entrent en ligne de compte. La responsabilité de l’Etat est également patente, au point de pouvoir parler d’une « économie de prostitution » tolérée et appréciée par les autorités. Le code pénal répressif, expression laïque de la morale islamique, est là pour la forme, pratiquement impuissant face à la nouvelle « éthique » néolibérale en matière de sexualité. Si l’implication de l’Etat dans les réseaux est attestée, la transnationalisation du commerce sexuel dépasse toutefois ses capacités de contrôle.

Prostitution, la mondialisation incarnée

Prostitution, la mondialisation incarnée

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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