Politiques de privatisation de la santé en Inde

L’Inde compte une population pauvre de plusieurs centaines de millions d’habitants et affiche l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde. Les inégalités dans l’accès aux soins de santé y sont patentes, entre Etats, régions urbaines et rurales et groupes sociaux. Si le gouvernement indien promeut des politiques de la santé qui officiellement visent à l’équité et à l’efficacité, force est de reconnaître cependant que les orientations prises ces dernières années débouchent sur des résultats inverses aux intentions proclamées. Que les réformes proposées aient trait au financement du secteur, à la levée de cotisations auprès des usagers des services publics, à la libéralisation du marché des assurances santé, à la privatisation de la profession et des soins, à l’expansion du « tourisme santé » et à la promotion de traitements de haute technologie, elles tendent toutes, dans les faits, à privilégier un secteur déjà favorisé de la population et des domaines de soins, secondaires et tertiaires, moins prioritaires, pour la majorité des Indiens, que les soins de base. Il est dès lors urgent que la définition et l’exécution des politiques de la santé en Inde en reviennent à l’inspiration de la Déclaration de l’OMS à Alma-Ata en 1978, qui en appelait à « la santé pour tous » à l’horizon 2000, sur base d’une politique volontariste de soins de santé primaire.

Les obstacles à la « santé pour tous »

Les obstacles à la « santé pour tous »

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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