Mondialisation et politique de la santé en Corée du Sud

La mondialisation est à la fois source de nouvelles possibilités et de nouveaux défis pour la politique de la santé en Corée. La propagation de politiques novatrices ainsi que les expériences d’autres pays ont permis de tirer des enseignements importants pour la récente réforme nationale du secteur. Toutefois, lorsque les pressions externes pour réduire le rôle de l’Etat coïncident avec la volonté du gouvernement de diminuer les dépenses et de privatiser les services sanitaires, le sort des politiques de la santé devient problématique. En Corée, le secteur privé joue déjà un rôle significatif, tant dans le financement des soins de santé (par le biais notamment des assurances maladie) que dans la prestation des soins. Etendre cette mainmise du privé sur le système national de santé précipitera la détérioration de la solidarité, au bénéfice d’une élite minoritaire. Rien ne garantit non plus qu’un surcroît de concurrence améliorera l’efficacité de l’ensemble. L’amplification des marges de manoeuvre des praticiens indépendants, grâce au développement des assurances maladie privées, rendra les contrôles de qualité et les limitations des abus plus difficiles à opérer. Si l’on renonce à adopter une attitude équilibrée à l’égard de la mondialisation, du rôle de l’Etat et des marchés, sur base des spécificités et des priorités nationales, c’est l’avenir de la politique coréenne de la santé que l’on hypothèque.

Les obstacles à la « santé pour tous »

Les obstacles à la « santé pour tous »

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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