Manière de voir - en lutte ! - Etat des résistances dans le monde

Manière de voir - en lutte ! - Etat des résistances dans le monde
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Présentation

De Caracas à Bamako, de Bombay à Paris, mobilisations altermondialistes contre le projet impérial.

Manière de voir paraît tous les deux mois.
En 100 pages, il rassemble les meilleurs articles publiés par Le Monde diplomatique sur un conflit, un continent ou une région, une question économique, sociétale ou culturelle, une période historique, etc.

Guidé par un souci pédagogique et documentaire, Manière de voir accompagne les articles choisis dans Le Monde diplomatique de textes inédits, d’indications chronologiques et bibliographiques ainsi que d’une illustration originale.

C’est donc un outil indispensable pour les lycéens de première, de terminale ou de classe préparatoire, les étudiants et, plus généralement, tous ceux qui recherchent une approche thématique de l’actualité plutôt que la lecture généraliste du mensuel.

En décembre 2005, un numéro spécial a été réalisé en collaboration avec le Centre Tricontinental. En voici une présentation par Frank Poupeau :

"Cette dernière livraison de Manière de voir aurait pu effrayer tout lecteur un tant soit peu réticent aux célébrations enchantées de l’altermondialisme, aux analyses globalement abstraites de « l’empire » et aux interprétations unilatérales d’un monde unipolaire dominé par les Etats-Unis. Le dossier y échappe fort heureusement, par la présentation critique d’un large éventail de résistances, trop souvent méconnues, de l’Amérique latine à l’Asie en passant par l’Afrique et l’Europe, sans oublier deux articles sur les renaissances des luttes, ou leur balbutiement, aux Etats-Unis et en Australie.

Du point de vue des cas évoqués, on lira plus spécialement les textes sur les mouvements populaires indiens, l’émergence d’un militantisme paysan en Chine et en Thaïlande ainsi que l’instrumentalisation des conflits sociaux aux Philippines et en Indonésie, avec la menace de désillusion populaire qu’elle entraîne. Un tel risque semble aussi présent en Equateur, avec la délégitimation de mouvements sociaux qui, s’ils avaient su éviter la tentation de l’indigénisme pur, ont été acculés à des stratégies défensives et à un populisme électoral engendrant, une fois au pouvoir (fût-ce très brièvement), un clientélisme d’Etat et le départ de nombreux dirigeants indiens vers la sphère privée des organisations non gouvernementales (ONG).

Ce dernier problème se retrouve analysé dans les articles consacrés à l’Afrique, et qui montrent, au Mali ou au Congo, le dévoiement des combats civiques par les forces gouvernementales ou privées – quant ce n’est pas leur étouffement au Maghreb et au Proche-Orient. On regrettera peut-être, à côté des cas argentin- mexicain et brésilien, l’absence d’un article sur la Bolivie, qui est sans doute le pays où la contestation du modèle économique capitaliste a pris les formes les plus radicales, et les plus radicalement différentes de ce que l’on peut concevoir en Europe. Une Europe qui présente un espace social en pleine recomposition, et où les braises de la contestation se trouvent confrontées à des obstacles nationaux et supranationaux que les mobilisations contre la guerre en Irak comme les débats sur la Constitution européenne n’ont pas suffi à lever.

Ces limites des mouvements de contestation et de leurs contre-projets politiques sont synthétisées en ouverture du numéro. « Le paradigme libéral est sans doute ébranlé, mais il ne vacille pas », remarque François Polet, sans pour autant sombrer dans un pessimisme sans issue. Car, note-t-il, « ce manque – relatif – d’efficacité politique tient également aux caractéristiques de la dynamique altermondialiste ». Cet ensemble hétérogène d’organisations, associations, ONG et syndicats s’assemble d’abord autour d’un consensus négatif, qui laisse par ailleurs une grande latitude d’action à ses différentes composantes. Mais cette configuration génère aussi « une série de tensions, voire des contradictions, qui handicapent sérieusement son développement et brouillent sa visibilité de l’extérieur » : sur le type de développement à promouvoir, les modes de régulation des échanges économiques, le rôle des Etats-nations, l’articulation entre principes universalistes et droits autochtones. La ligne de fracture principale concerne sûrement l’accès au pouvoir et les alliances avec les partis de gouvernement : entre risques d’éclatement et de récupération, on peut alors se demander si des solutions peuvent être recherchées ailleurs que dans la conquête de fractions plus larges de la population, pour espérer peser sur les décisions politique."

TitreManière de voir - en lutte ! - Etat des résistances dans le monde
Date12/2005
EditionCETRI, Le Monde diplomatique
Pages100
Voir en ligne monde-diplomatique.fr
Mots-clés Mouvement altermondialiste & forums sociaux

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