Loi israélienne d’expropriation de terres palestiniennes

Vol de terres : qui rompra l’impunité ?

La loi adoptée par la Knesset le 6 février nuit gravement à l’image d’Israël. Comme l’écrit le Haaretz, ce texte pourrait porter le nom de « loi d’expropriation » puisqu’il légalise rétroactivement aux yeux de la loi israélienne l’expropriation par le gouvernement de terres privées palestiniennes. Une « loi sur le vol de terres », donc.
Pas né de la dernière pluie, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou n’approuvait pas son adoption car il connaissait les ravages potentiels. Il avait auparavant qualifié le projet de loi de « puéri » et d’ « irresponsable » , mais il a finalement cédé sous la pression d’un de ses alliés au gouvernement.
La clarté dans les intentions israéliennes n’a jamais été plus aveuglante : la classe politique, par l’entremise de la majorité des députés, a signifié, au monde entier en général et aux Palestiniens occupés en particulier, que la colonisation, même illégale selon le droit international, passe avant tout le reste, dont la paix, ce détail.
Car enfin, qui imagine que la paix survienne dans ce contexte ? Pas les Palestiniens, évidemment. « Le pillage est illégal, clame Saeb Erakat, responsable palestinien des négociations. Il est plus que temps d’arrêter de traiter Israël comme un Etat au-dessus des lois et de le tenir responsable de ses violations systématiques du droit international. »
Serait-ce l’intention de la communauté internationale ? On peut en douter. Donald Trump semble hésitant mais on le voit mal menacer, ni même tancer « Bibi » Netanyahou. Quant à l’Union européenne, elle vient d’ajourner un sommet avec Israël qui devait se tenir le 28 février dans le but, incongru il est vrai, de réchauffer les relations avec l’Etat hébreu. Si les pressions européennes se limitent à ce geste symbolique, il s’agira d’un nouveau coup d’épée dans l’eau.
Israël qui légalise le vol de terres, qui annonce aussi, ne l’oublions pas, la construction de 6.000 nouveaux logements pour colons : les arguments ne manquent pas, pourtant, pour pousser l’UE à agir selon ses principes. Cela requiert juste un peu de courage politique.


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