Logiques et impasses de la culture consumériste et de la croissance chinoise

Touchée par la « tempête financière » asiatique à la fin des années 1990, la Chine a su surmonter la crise et maintenir un fort taux de croissance, en stimulant la consommation des ménages et le développement d’un grand marché intérieur. Ces mesures ont favorisé l’émergence d’une culture importée dans la société chinoise qui s’est mué en véritable idéologie nationale : le consumérisme de masse. Cette nouvelle orientation, dans la foulée de la libéralisation de l’économie, met toutefois le pays au devant d’énormes difficultés. Elle tend à renforcer les inégalités de revenus, en particulier entre les villes et les campagnes, et génère des tensions sociales dès lors que seule une faible minorité a accès à ce mode de vie. L’adoption de standards « occidentaux » dans ce pays de plus de 1,3 milliard d’habitants, doté de faibles ressources, ne pourra que s’avérer intenable, tant pour la Chine que pour le reste monde : renforcement du développement inégal, destruction de l’environnement et exploitation accrue de certains groupes sociaux. Il est dès lors indispensable de réorienter les politiques de développement en se démarquant du mode de vie consumériste et des ses impasses sociales et environnementales.

Le « miracle » chinois vu de l'intérieur

Le « miracle » chinois vu de l’intérieur

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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