Les réfugiés mozambicains en Afrique du Sud : rapatriement volontaire ou refoulement déguisé ?

De 1994 à 1996, le HCR et le gouvernement sud africain organisèrent le rapatriement volontaire de 31 589 réfugiés mozambicains. Dans le même temps, des centaines de milliers de personnes étaient expulsées d’Afrique du Sud vers le Mozambique en tant que « clandestins ». L’exemple des réfugiés mozambicains en Afrique du Sud illustre l’une des limites du système international de protection des réfugiés, impuissant devant des politiques d’immigration coercitives qui constituent, dans ce cas, une forme originale de migrations forcées « à rebours ». On peut pourtant se demander s’il n’y a pas, dans ce cas, une contradiction avec la défense de l’intérêt national sud africain. L’entretien de poches de pauvreté au Mozambique, la criminalisation des immigrés « économiques » en Afrique du Sud et la précarisation des transferts financiers vers les pays moins riches sont autant de facteurs qui ajoutent à la fragilité régionale. Au delà, la politique économique libérale, tant du côté sud africain que du côté mozambicain, constitue sans doute la cause principale des difficultés actuelles. L’adoption de plans d’ajustement structurel, synonymes d’un retrait de l’État, a accentué les inégalités sociales en dépit de taux de croissance spectaculaires. A moins de réduire la pauvreté, le risque de violence et de déplacements de population demeure important, au Mozambique et ailleurs.

Genèse et enjeux des migrations internationales

Genèse et enjeux des migrations internationales

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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