Les nouvelles modalités de l'aide au Nicaragua et au Niger : pour quelle appropriation ?

Les nouvelles modalités de l'aide au Nicaragua et au Niger : pour quelle appropriation ?
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Présentation

A Monterrey (2002), puis à Paris (2005) et à Accra (2008), les pays donateurs et les gouvernements bénéficiaires de l’aide publique au développement ont réitéré leur volonté de « réformer l’aide » dans le sens d’une plus grande efficacité. Cette recherche interroge les processus de mise en oeuvre de ces nouvelles modalités de l’aide – approche sectorielle et aide budgétaire – qui visent à stimuler la coordination entre bailleurs de fonds et l’alignement de leur aide sur les politiques des pays bénéficiaires. Son objectif est d’une part d’identifier la mesure dans laquelle ces nouvelles modalités ont été traduites en dispositifs concrets au Niger et au Nicaragua, d’autre part d’analyser les modifications des relations entre bailleurs de fonds, Etat et société civile que la mise en place de ces mécanismes a suscitées dans ces deux pays. L’analyse est guidée par trois préoccupations, qui correspondent à trois dimensions importantes de tout processus d’appropriation : les effets de ces innovations sur les capacités de mise en oeuvre des Etats aidés, sur leurs marges de manœuvre nationales (leur autonomie politique) et sur la démocratisation en leur sein du débat sur les stratégies de développement.

Introduction

Le débat sur l’efficacité de l’aide monte en puissance depuis le début des années 1990. Il a débouché sur une série d’engagements de la communauté internationale pour un renouvellement des modalités d’acheminement de l’aide, qui doivent viser l’appropriation par les pays bénéficiaires des politiques de lutte contre la pauvreté. L’adoption de nouvelles modalités est d’autant plus importante dans la perspective des Objectifs du millénaire pour le développement, qui exigent une augmentation radicale des sommes consacrées au développement. Le Consensus de Monterrey (2002), la Déclaration de Paris (2005) ainsi que le Consensus européen pour le développement (2005) vont dans le même sens : l’augmentation de la quantité d’aide doit aller de pair avec des efforts pour une amélioration de sa qualité.

Malgré l’existence depuis plusieurs années de ce consensus au plus haut niveau, de nombreux rapports et études relèvent la complexité des processus visant à traduire les nouveaux principes dans la réalité. Les nouvelles modalités de l’aide – aide sectorielle, soutien budgétaire, coordination, alignement, etc. – exigent un renouvellement en profondeur des paramètres de la relation aidant – aidé. Elles demandent aux bailleurs comme aux bénéficiaires de rompre avec des manières de gérer l’aide durablement installées. Ce qui est loin d’aller de soi, d’autant que le contrôle des ressources de l’aide est un enjeu de pouvoir avant d’être un problème technique.

Cette recherche interroge une série d’enjeux autour de l’application de ces nouvelles modalités de l’aide. Son objectif est d’une part d’identifier la mesure dans laquelle les nouvelles orientations en matière d’acheminement de l’aide ont été traduites en dispositifs concrets au Niger et au Nicaragua, d’autre part d’analyser les modifications des relations bailleurs de fonds – Etat – société civile, que la mise en place de ces mécanismes a suscitées.

L’analyse sera guidée par trois préoccupations, qui correspondent à trois dimensions importantes de tout processus d’appropriation. Elle cherchera d’abord à identifier les effets de ces innovations sur les capacités d’absorption des institutions récipiendaires, entendues comme les capacités administratives de conception, de mise en œuvre et de coordination des projets et programmes financés. Elle essayera ensuite de déterminer dans quelle mesure ces nouveaux mécanismes élargissent ou rétrécissent les marges de manœuvre nationales, à savoir l’autonomie des Etats dans le choix de leurs stratégies de développement. Cette préoccupation prend de plus en plus d’importance dans le dialogue Sud-Sud sur le développement, notamment à la CNUCED. Nous tenterons enfin de voir si ces modalités contribuent à démocratiser le débat sur les stratégies de développement ou si, au contraire, elles contribuent à sa monopolisation par une minorité de spécialistes « autorisés » au sein du gouvernement et des agences d’aide.

Auteur : François Polet

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TitreLes nouvelles modalités de l'aide au Nicaragua et au Niger : pour quelle appropriation ?
Date02/2009
Coord. / Auteur François Polet
Mots-clés Aide au développement

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