Le « marché » des migrations féminines en Asie

Depuis une trentaine d’années, l’idée de voyage en Asie renvoie essentiellement aux migrations internationales de main d’œuvre, vers les pays du Golfe dans les années 1970, puis à partir des années 1980 vers les économies en expansion des Tigres asiatiques. Cette évolution a conduit au développement d’une migration spécifique à chaque sexe : migration masculine en réponse aux besoins de l’industrialisation (construction et production ; plantation en Malaisie) et migration féminine en réponse au déficit en personnel domestique (Hong Kong, Singapour, Malaisie, Taiwan...). La plupart des femmes migrantes sont originaires des Philippines, d’Indonésie et du Sri Lanka. Dans les faits, leurs migrations revêtent un caractère ambivalent. Elles semblent suggérer une plus grande liberté, une possibilité de choisir, de s’extraire des contraintes familiales, mais leur concentration dans des secteurs sensibles (prostitution...) rendent les femmes et leurs conditions de vie complètement dépendantes du « bon vouloir » de leurs employeurs, hors de tout cadre légal. Les besoins des classes moyennes et la perspective du vieillissement des populations dans les pays développés laissent toutefois présager de la poursuite de la demande en migrantes, notamment pour les tâches domestiques et le service aux personnes âgées. Une première évolution fondamentale serait de ne plus considérer les migrants comme des travailleurs corvéables à merci, mais comme des êtres humains.

Genèse et enjeux des migrations internationales

Genèse et enjeux des migrations internationales

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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