L’humanitaire au Tchad, des années 1980 à la crise du Darfour : plaidoyer pour une démarche préventive

En dépit du fait que les causes des catastrophes soient le plus souvent aisément identifiables et que leurs conséquences soient, elles, prévisibles, l’on continue à pratiquer l’humanitaire en « pompier » pressé - mais peu scrupuleux - d’incendies parfois évitables, souvent surmontables. Renverser la tendance consiste à parier pour des politiques participatives de prévention, concertées aux échelons locaux, nationaux et internationaux, et des démarches d’implication et de responsabilisation des premiers concernés dans la gestion des crises et l’atténuation de leurs effets. L’analyse des catastrophes et des interventions humanitaires au Tchad, des années 1980 à la crise du Darfour, illustre à satiété les manquements des tendances dominantes actuelles. Comme si la mondialisation du modèle de développement hégémonique - basé sur le libre marché - s’opposait à la création de conditions nationales susceptibles de doter les Etats et les intervenants locaux d’outils de prévention, d’anticipation et de gestion des crises. A une démarche humanitaire axée sur la gestion des conséquences et l’intervention ponctuelle d’acteurs extérieurs et dispersés, il convient de substituer une approche préventive et concertée qui anticipe les origines des drames.

Interventions humanitaires ?

Interventions humanitaires ?

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

Voir