Intellectuels, Etat, médias et idéologie néolibérale en Chine

L’histoire des « intellectuels » en République populaire de Chine (RPC) révèle combien ceux-ci se sont toujours trouvés dans une position ambivalente dans leurs relations avec l’Etat : à la fois intégrés aux institutions sociales de masse et étroitement surveillés car véhicules d’idées nouvelles ou officieuses ; externes et internes au système. Et cette ambivalence, qui façonne l’image et l’imaginaire des intellectuels, est encore très prégnante aujourd’hui en Chine. Depuis les années 1990, avec l’expansion des médias de masse, les intellectuels dits « critiques ou antisystémiques » ont été portés sur le devant de la scène. Ce phénomène qui aurait pu déboucher sur l’émergence de véritables espaces d’expression publique, a fait apparaître un nouveau consensus entre ces « intellectuels plus médiatiques que critiques » se réclamant de la société civile mais néanmoins complètement intégrés au système médiatique dominant. Un consensus fondé sur leur adhésion à l’économie de marché et à la mondialisation libérale, assimilées au progrès, à la liberté et au développement. Ces discours se sont ainsi retrouvés en parfaite adéquation avec les pratiques et le discours officiel du régime d’Etat.

Le « miracle » chinois vu de l'intérieur

Le « miracle » chinois vu de l’intérieur

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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