Haro sur les terres africaines ! Décryptage d’une tendance alarmante

Une récente étude d’Oxfam tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : « Dans les pays pauvres, les investisseurs achètent une superficie équivalant à celle de Londres tous les six jours » (2012). Elle vient confirmer l’étendue, sinon l’accélération, du phénomène d’acquisition massive de terre dans les pays en développement.

Une récente étude d’Oxfam tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : « Dans les pays pauvres, les investisseurs achètent une superficie équivalant à celle de Londres tous les six jours » (2012). Elle vient confirmer l’étendue sinon l’accélération du phénomène d’acquisition massive de terre dans les pays en développement. Entre 2001 et 2010, près de 203 millions d’hectares de terre auraient ainsi été convoités par des investisseurs étrangers, soit près de quatre fois la superficie de la France ! D’après une autre étude, les attributions – effectives celles-là –concerneraient déjà plus de 80 millions d’hectares (Committee on World Food Security, 2011). Certes, à l’échelle de la planète, ces surfaces ne représentent encore qu’une portion relativement modeste des terres agricoles dites « disponibles », « sous-utilisées » ou « non exploitées » [1]. Il n’empêche, s’agissant le plus souvent de terres à fort potentiel productif, ces surfaces pourraient théoriquement faire vivre plusieurs millions de personnes. Un comble alors que près de 868 millions de personnes, d’après les derniers chiffres des Nations unies, souffrent de la faim dans le monde (Welt Hunger Hilfe et al, 2012) !

Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il touche principalement l’Afrique. Plus de la moitié – près de 60 % - des terres ayant changé de main au profit d’investisseurs étrangers se trouverait en effet sur le continent. Principales cibles des investisseurs, le Soudan, l’Éthiopie, la RDC, le Cameroun et l’Angola, mais aussi des petits pays à la démographie galopante tels la Sierra Léone et le Liberia. À peine sorti d’une longue et meurtrière guerre civile, ce dernier pays fait d’ores et déjà figure de cas d’école : depuis cinq ans, le gouvernement du Libéria aurait attribué près d’un tiers des terres arables du pays à des opérateurs internationaux (Oxfam, 2012 ; Da Vià, 2012). À quel prix ?

Chronique d’un désastre annoncé ou opportunité à saisir pour l’Afrique ? Avant de cerner les enjeux qui structurent les débats internationaux sur ces acquisitions massives, et afin d’en saisir pleinement les implications concrètes, revenons d’abord sur les principaux moteurs et ressorts d’un phénomène en passe, sans doute, de faire entrer l’Afrique, longtemps laissée en marge des flux financiers et commerciaux internationaux, dans le club des grands exportateurs agricoles.

Moteurs et ressorts

Cette « nouvelle ruée sur les terres africaines » correspond d’abord à une évolution mondiale inquiétante, caractérisée par un faisceau de tendances lourdes et interconnectées, dont elle est l’une des conséquences logiques sinon l’ultime avatar. Expansion des monocultures d’exportation et de modes de production industrialisées et productivistes au détriment des cultures paysannes et vivrières ; croissantes pressions démographique et commerciale sur les ressources naturelles ; monopolisation des chaînes de valeur par les grandes firmes de l’agrobusiness ; conversion aux agrocarburants ; intégration et interconnexion toujours plus poussées des marchés, sous le régime commercial du libre échange et de la liberté totale de l’investissement, etc. Autant de tendances qui ont contribué à des degrés divers, avec les phénomènes spéculatifs, à l’envolée des prix agroalimentaires sur les marchés internationaux (Delcourt, 2010 ; Polet, 2011).

Or, sensible depuis 2000, vertigineuse à partir des années 2007-2008, cette hausse des prix n’a pas eu pour seul effet de plonger des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. Elle a suscité un regain d’intérêt des marchés internationaux pour le secteur et les valeurs agricoles, aiguillonnés notamment par les profits colossaux réalisés par l’agrobusiness au paroxysme de la crise [2] . Mais surtout, en créant l’illusion d’une « pénurie alimentaire à venir », elle a entraîné une (re)valorisation spectaculaire de la terre et renforcé son attractivité comme actif économique et atout stratégique.

Que les transactions sur la terre aient connu une hausse de 200 % entre mi 2008 et 2009 ne doit pas surprendre ! Dans le contexte actuel de fortes tensions sur les marchés agroalimentaires et énergétiques, de plus en plus volatils, la peur de manquer et le désir de se prémunir contre tout nouveau renchérissement de leurs importations poussent de plus en plus de pays émergents, importateurs nets de biens alimentaires (Lybie, Égypte, pays du Golf, etc.), ou atteignant de plus en plus les limites physiques de leurs capacités productives (Inde, Chine, Malaisie, Indonésie, etc.), à externaliser leur production et/ou sécuriser leur approvisionnement, via la prise de contrôle de vastes étendues de terre, là ou elles sont « disponibles » et bon marché (Delcourt, 2012). Région réputée disposer encore d’une réserve importante de ressources agroforestières « sous-exploitées » ou « non- exploitées », l’Afrique s’est naturellement imposée comme cible privilégiée de ces investissements « nationaux », et ce d’autant mieux que le flou entourant le statut de la terre sur le continent, combiné aux faiblesses structurelles des États, à la quasi-absence de procédures de contrôle et de contre-pouvoir et à une gestion souvent autoritaire et patrimoniale des élites politiques locales, ne pouvait que faciliter cette appropriation.

Des conditions qui ne sont pas non plus pour déplaire aux autres acquéreurs ! C’est que les manœuvres des États émergents en Afrique, sur lesquelles les médias occidentaux ont essentiellement braqué leurs projecteurs, ne doivent pas occulter le fait que ce sont en réalité les « opérateurs privés », à la poursuite d’objectifs purement économiques et financiers, qui forment aujourd’hui le gros du bataillon des investisseurs [3] . L’on y retrouve les acteurs traditionnels de l’agrobusiness (gros producteurs agricoles, négociants en grain, entreprises agroindustrielles, etc.) bien sûr, lesquels poursuivent sans entrave leur stratégie de concentration à l’échelle de la planète, mais aussi de « nouveaux venus » qui cherchent à diversifier leurs activités et/ou leurs portefeuilles : entreprises issues d’autres branches d’activité, banques d’affaires, fonds spéculatifs, fonds de capital-investissements, fonds de pension et même assureurs et fondations privées liés à de prestigieuses universités. Depuis le double choc de la crise alimentaire et financière, ces « nouveaux acteurs » sont en effet de plus en plus nombreux à se lancer dans la course, alléchés par les intéressantes perspectives de retour sur investissements qu’offrent désormais la terre et le débouché agricole.

De fait, si la hausse des prix alimentaires a été le principal élément déclencheur de ce mouvement d’acquisition de terres à grande échelle, la faillite du système financier international a contribué à l’accélérer. Échaudés par la crise des « subprimes » et se détournant du marché des produits dérivés, les acteurs financiers misent de plus en plus sur les marchés à terme de matières premières ou/et investissent massivement dans l’acquisition d’actifs fonciers, poursuivant tantôt des objectifs de production, tantôt des objectifs purement spéculatifs, voire cherchant tout simplement à bénéficier des mécanismes de financement mis en œuvre dans le cadre du marché du carbone, au risque d’accélérer la tendance haussière des prix agroalimentaires. Dans cette dynamique, le rôle des fonds de pension mérite d’être souligné. N’ayant pas tardé à suivre les conseils éclairés des pythies de la finance internationale, pour qui l’investissement foncier représente désormais la meilleure couverture pour les années à venir, ces fonds de pension comptent actuellement parmi les principaux acquéreurs de terre, derrière les États ou plutôt leurs représentants (fonds souverains, entreprises publiques ou semi-privées, etc.). Un constat, notons-le, qui démontre bien les dérives de ce système de couverture privé et actionnarial, présenté par ses défenseurs, dans nos pays, comme l’ultime – et plus efficace – recours au problème du vieillissement (Grain, 2011).

Reste que présenter ces investissements comme une nouvelle forme de « colonialisme » ou d’impérialisme, c’est sans doute aller un peu vite en besogne. C’est oublier surtout le rôle joué par les pouvoirs publics locaux, lesquels ont déroulé le tapis rouge pour ces investisseurs. À la recherche d’une nouvelle stratégie de croissance, obnubilés par la « réussite » agricole des pays émergents et désireux eux aussi de profiter pleinement de la flambée du prix des matières premières agricoles, les gouvernements africains se livrent en effet depuis plusieurs années à une véritable entreprise concurrentielle de séduction de ces investisseurs, notamment via d’importantes réformes de leur législation fiscale et foncière. Exonérations fiscales, possibilité de rapatrier tout ou partie des bénéfices, baisse des droits de douane, droit d’utiliser de manière illimitée les ressources, avantages divers en nature, légaux ou extralégaux, etc., telles sont quelques-unes des mesures adoptées les pays africains pour rendre la terre attractive et convaincre les investisseurs internationaux. Une stratégie mise en place le plus souvent avec la bénédiction des institutions internationales, parfois sous leur injonction et avec leur soutien, ...toujours au nom du développement !

Une opportunité pour le développement ?

Améliorer la productivité et augmenter les rendements agricoles pour briser le cercle vicieux de la pauvreté et la faim en Afrique en misant sur les investissements directs étrangers, tel est en effet le cheval de bataille de ces instances internationales. Une « nouvelle révolution verte » est possible sur le continent et il appartient au secteur privé de relever le défi. Si le discours a fait peau neuve, en réhabilitant notamment le fait agricole au centre des stratégies de développement,les poncifs sur lesquels il repose n’ont en revanche guère changé : « il est nécessaire de s’ouvrir davantage au commerce international et de créer un cadre favorable aux investissements, moteur d’une nouvelle croissance génératrice à son tour de retombées financières importantes pour les pays ».

Pour limiter l’impact potentiellement négatif de l’investissement, il incombe tout au plus aux États d’adopter des mesures de bonne gouvernance (comme les « Directives volontaires pour la gouvernance responsable » de la FAO) et de veiller à ce que ces investissements produisent des effets dits « gagnant-gagnant », aux investisseurs internationaux de se conformer sur une base volontaire aux standards sociaux et environnementaux (tel le « Code de bonne conduite » de la Banque mondiale ou « RAIs – Principles for Responsible Agricultural Investments ») et aux institutions internationales de suivre et d’encadrer le processus tout en prodiguant leurs bons conseils. À ces conditions, ces investissements, entend-on dire dans les cénacles internationaux, ne peuvent être que bénéfiques et pour l’investisseur et pour les populations. La solution a l’avantage de la simplicité. Le scénario paraît bien huilé. L’idée prometteuse...si n’était le décalage existant entre les objectifs recherchés via ces stratégies et les réalités concrètes sur le terrain (Delcourt, 2010 ; 2012 ; DaVià, 2012).

Que des investissements accrus dans l’agriculture africaine soient nécessaires pour surmonter son déficit de production et renforcer, par la même occasion, la sécurité alimentaire, nul ne le conteste, même si ces deux ou trois dernières décennies les institutions internationales, poursuivant d’autres impératifs (coupes budgétaires, privatisation, réduction des tarifs, diminution des aides publiques à l’agriculture dans le cadre des ajustements macroéconomiques) se sont évertuées à priver les États des moyens d’action pour dynamiser leurs propres secteurs agricoles. En revanche, l’idée qu’il appartienne aux opérateurs internationaux - États ou secteurs privés - de relever ce défi est des plus discutable. Ne s’agirait-il pas finalement de n’ajouter qu’un peu de « verdure » à une vieille recette dont les échecs répétés ces vingt ou trente dernières années ne semblent guère ébranler outre mesure les certitudes des décideurs locaux et des agences internationales ?

Ces investissements privés permettront-ils de lutter efficacement contre la faim, en améliorant rendement et productivité, comme le croient les agences internationales et les gouvernements locaux ?

Il est évidemment permis d’en douter au regard de la nature des projets auxquels ces terres sont généralement destinées. Ainsi, d’après Oxfam, près de 60 % des terres achetées ou louées dans les pays pauvres sont dédiées à la production d’agrocarburants (jatropha, huile de palme, soja, huile de ricin, etc.) et même lorsqu’il s’agit de productions dites alimentaires (riz, maïs), celles-ci sont vouées, dans la plupart des cas, à l’exportation. De plus, il apparaît que 45 % de ces terres cédées étaient effectivement occupées, en particulier par des paysans ou des éleveurs, lesquels ont été sommés de plier bagage, souvent sans compensation ou presque (2012). Étonnante contribution au renforcement de la sécurité alimentaire ! Rarement exempte de contradictions, la Banque mondiale reconnaît d’ailleurs elle-même que ces investissements fonciers risquent d’accentuer les déséquilibres existants, en privant ces pays et leurs populations de précieuses réserves agricoles (2010)

Qu’à cela ne tienne, ces projets d’investissement demeurent pour elle potentiellement créateurs d’emplois et générateurs des « précieuses » ressources financières dont ces pays manquent cruellement pour assurer le « bien-être » de leur population. Qu’en est-il réellement sur le terrain ?

Il y a peu, l’Oakland Institute, une organisation basée aux États-Unis spécialisée dans les problématiques agraires, a mené une vaste étude sur 70 projets d’investissements fonciers à grande échelle dans sept pays africains afin de saisir leur portée et leurs implications sur les plans socio-économique et environnemental. Comme l’on pouvait s’y attendre, cette étude révèle combien les coûts sociaux et environnementaux liés à ces projets sont importants comparés aux avantages socio-économiques escomptés : nombreux cas d’expulsions forcées ; destruction de cultures vivrières ; détournement et accaparement des ressources locales, de l’eau en particulier ; utilisation massive d’intrants polluants ; fermeture des accès aux rivières et aux chemins de transhumance, etc. De même, indique-t-elle que les fameux emplois promis ne sont que rarement au rendez-vous. Peu nombreux et le plus souvent précaires, ils ne compensent nullement la perte de revenu des agriculteurs expulsés ou laissés à la marge de ces projets. Mais il y a plus ! L’Oakland Institute démontre aussi que les avantages accordés aux investisseurs sont loin d’être indolores pour les finances publiques, pesant directement sur d’autres lignes budgétaires. À titre d’exemple, les seules exemptions de taxes accordées par le gouvernement tanzanien à une poignée d’investisseurs auraient notamment permis d’octroyer 40 % de ressources supplémentaires au secteur de l’éducation et 70 % à celui de la santé (2011).

Sachant qu’outre les nombreux avantages mentionnés plus haut, ces mêmes investisseurs se voient accordés des terres à un prix défiant toute concurrence, sans contrepartie ou presque, il est facile de comprendre l’enthousiasme de Susan Payne, PDG d’un fonds d’investissement ayant d’ores et déjà fait main basse sur des milliers d’hectares en Afrique de l’Ouest : « En Afrique subsaharienne et du Sud, déclarait-elle, le coût des terres arables, de bonnes terres, celle que nous achetons, est sept fois inférieur aux prix qui sont pratiqués en Argentine, au Brésil et en Amérique […]. Ce seul fait commande notre arbitrage [..]. Nous pensons que nous ferons de l’argent au cours de la prochaine décennie » (cité in ibidem). Impossible d’être plus clair quant aux intentions qui motivent ces investisseurs. De tels propos invitent d’emblée à relativiser l’idée à la mode d’une possible convergence entre des intérêts (le discours « win-win ») diamétralement opposés comme le soutiennent, entre autres, les institutions internationales, lesquelles demeurent prisonnière de leur tendance obsessionnelle à naturaliser ou à ignorer un rapport de force fondamentalement inégal (DaViá, 2012).

L’Afrique : nouvelle frontière de l’agrobusiness ?

La crise alimentaire de 2007/08 et, au-delà, la persistance de la faim dans le monde auraient dû aboutir à une remise en question du modèle agricole productiviste et agro-exportateur qui a été privilégié ces trente dernières années dans la foulée des réformes libérales. Las, en dépit d’un bilan socio-environnemental désastreux, son attractivité s’en est trouvée renforcée. Paradoxalement, la hausse des prix alimentaires a créé les conditions d’une nouvelle expansion, avec l’appui de l’État et des institutions internationales. Au risque d’accentuer la tendance à la privatisation de la sécurité alimentaire, cette dynamique d’expansion passe désormais par la conversion de l’agriculture africaine au régime d’accumulation propre à l’agrobusiness (Delcourt, 2012). Les conséquences sur le terrain de ce modèle de développement agricole, socialement excluant et écologiquement destructeur, là où, comme en Amérique latine par exemple, il est expérimenté depuis plusieurs décennies constituent pourtant une sérieuse mise en garde pour le continent africain : expansion des monocultures d’exportation, concentration croissante des terres, exclusion ou relégation des familles paysannes, destruction des sols et pollution des sous-sols, déforestation et dégradation de la biodiversité. Non industrialisée, en proie à de sérieuses crises alimentaires et comprenant une population encore très majoritairement rurale - près de 80 % de la population africaine tire encore de la terre ses moyens de subsistance –, l’Afrique ne peut se permettre de s’engager dans le processus de « descampezinación » (exode massif de paysans vers la ville) que connaît l’Amérique latine depuis une bonne cinquantaine d’années.

Bibliographie

Banque mondiale (2010), Rising global interest in farmland : Can it yield sustainable and equitable benefits ?, Washington DC, 7 septembre.

Committee on World Food Security (2011), « Land tenure and international investments in agriculture – A report by the High Level of Experts On Food Security and Nutrition », High Level Panel of Experts Report, n°2.

DaViá E. (2012), « La politique des discours gagnant-gagnant : l’accaparement des terres comme levier du développement ? », Alternatives Sud, vol. 19-3, pp. 37-63.

Delcourt L. (2010), « L’avenir des agricultures paysannes face aux nouvelles pressions sur les terres », Alternatives Sud, vol. 17/3, pp. 7-34.

Delcourt L. (2012), « Les dynamiques d’expansion de l’agrobusiness au Sud », Alternatives Sud, vol. 19/3, pp. 7 -34.

Djabali N.(2012), Pillage  ? Bolloré, Crédit Agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement des terres, 12 octobre, www.bastamag.net/article2688.html

Grain (2011), « Les fonds de pension. Des acteurs clés dans l’accaparement mondial des terres agricoles », A contre-courant, juin.

Guillou M., Matheron G.(2009), Neuf milliards d’hommes à nourrir. Un défi pour demain, Edit. François Borin, Paris.

Holtz-Giménez E., Patel R.(2009), Food Rebellions ! Crisis and the Hunger for Justice, Pambazuka Press, Foodfirstbooks, Grassroots international.

Oakland Institute (2011), « Understanding Land Investment Deals in Africa. The Myth of Economic Development », Land Deal Brief, décembre.

Oxfam (2012), « Notre terre, notre vie. Halte à la ruée mondiale sur les terres ». Note d’information d’Oxfam, octobre.

Welt Hunger Hilfe, IFPRI, Concern Worldwide, Acted (2012), Indice de la faim dans le monde. Relever le défi de la faim : Assurer une sécurité alimentaire durable dans un monde sous contrainte en eaux, en énergie et en terres, Bonn, Washington, DC, Dublin, Paris, Milan, octobre.

Ziegler J. (2011), Destruction massive. Géopolitique de la faim, Edit. du Seuil, Paris.

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Laurent Delcourt, CETRI
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Notes

[1On estime qu’il y a 4,5 milliards d’hectares de terre potentiellement cultivable en mode pluvial sur la planète. Considérant les espaces qui sont déjà occupés par l’agriculture, soit 1,6 milliard d’hectares, les terres disponibles s’élèveraient à 2,6 milliards d’hectares (un chiffre- auquel il faudrait aussi soustraire les réserves de biodiversités de même que certains territoires effectivement occupés, ce qui le ramènerait, selon certains spécialistes, à une surface comprise entre 1 et 1,5 milliard d’hectares). Treize pays seulement possèdent près des trois quarts de ces terres. Mis à part l’Indonésie, ces pays sont tous situés en Afrique et en Amérique latine (dans l’ordre décroissant : Brésil, RDC, Argentine, Soudan, Angola, Colombie, Bolivie, Tanzanie, Mozambique, Venezuela, Pérou et Zambie) (Cf. Guillou, Matheron, 2011)

[2À titre d’exemple, durant le dernier quadrimestre de l’année 2007, les chiffres d’affaires d’ADM et de Monsanto ont respectivement augmenté de 42, 45% et de 86 %. En 2008, Cargill a pour sa part atteint un chiffre d’affaires de 120 milliards de dollars et un profit net de 3,6 milliards, soit 55 % d’augmentation par rapport à l’année précédente (Holtz-Giménez, Patel, 2009 ; Ziegler, 2011).

[3Les acteurs privés auraient acheté ces dernières années trois fois plus de terres que les entreprises publiques. Les entreprises nord-américaines et européennes, suivies de près par les entreprises d’Asie du Sud-Est, sont les principaux acquéreurs de terres en Afrique (Djabali, 2012).


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