Haïti-Séisme : « Rien n’a changé »

P-au-P, 12 janv. 2017 [AlterPresse] --- « Rien n’a changé », 7 ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, selon le docteur belge en science politique, Fréderic Thomas, auteur du livre « L’échec humanitaire/ le cas haïtien », rendu disponible en ligne pour téléchargement gratuit à l’occasion de l’anniversaire du tremblement de terre.

« Les problèmes posés et les solutions avancées par les médias occidentaux, les organisations internationales et les acteurs humanitaires ne me semblaient correspondre ni à la situation du pays ni aux revendications des haïtiens », déclare Thomas dans un entretien avec AlterPresse, à l’occasion du 7e anniversaire du séisme.

L’urgence, pour lui, n’était pas d’agir et de parler à la place des haïtiens, mais plutôt d’ « analyser » et de « démonter » la logique d’une aide où convergent « néocolonialisme », « néolibéralisme » et l’ « action humanitaire », souligne-t-il.

Il estime que « la logique humanitaire ne peut ni répondre aux racines du problème ni renverser les conditions qui condamnent Haïti à la répétition des catastrophes naturelles ».

Qu’avez-vous fait de notre argent ? Quel bilan, quelle référence ? Qui évalue quoi ?, s’interroge, dans son livre, Thomas qui a travaillé avec et pour Haïti, avant et après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Les pays donateurs avaient promis à l’époque près de 10 milliards de dollars américains (US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes) à Haïti en vue de sa reconstruction.

« Il conviendrait de réorienter la manière de rendre compte, en faisant en sorte que les donateurs, médias et bailleurs ne soient plus les seuls donateurs et juges », recommande le docteur en science politique.

« Malgré l’expérience qu’ils ont accumulée pendant des décennies, les organismes ont encore de la difficulté à faire un diagnostic adéquat des besoins des bénéficiaires en matière d’aide humanitaire (…) »

Ces organismes ne tiennent pas suffisamment compte des capacités et des ressources locales, critique-t-il, dans son livre de 74 pages, dont l’édition papier remonte à 2013.


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