Fraude et colonialisme : le nouveau commerce des gaz à effet de serre

Largement insuffisants par rapport aux défis que constituent les changements climatiques pour l’humanité et particulièrement pour les populations les plus vulnérables, les engagements pris dans le cadre du Protocole de Kyoto risquent en outre d’aggraver les fractures existantes. Tel qu’il a été conçu, « le commerce des gaz à effet de serre », qui instaure la marchandisation de « crédits d’émission » alloués sur base des niveaux historiques de pollution, tend en effet à exacerber l’injustice sociale et environnementale, et à renforcer le pouvoir des acteurs dominants. La course aux profits issus notamment des « projets » de fixation du carbone entraîne une nouvelle forme de colonialisme. La crise écologique, créée par les anciens colonisateurs, est réinventée en tant que nouvelle opportunité commerciale. La faiblesse des réglementations et l’absence de contrôle indépendant ouvrent la porte à toutes les fraudes. Sous une rhétorique moralisatrice et environnementaliste qui séduit nombre d’ONG, le commerce d’émissions s’érige ainsi en nouvel instrument de l’ordre mondial. Des alternatives durables et équitables voient le jour.

Changements climatiques. Impasses et perspectives

Changements climatiques. Impasses et perspectives

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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