Famines et aliments génétiquement modifiés : une aide inhumaine

La combinaison des changements climatiques et des programmes d’ajustement structurel imposés par la Banque mondiale, en obligeant certains pays pauvres à démanteler leur système de sécurité alimentaire, en a fait les victimes de la sécheresse et de la famine. Apparaît alors la problématique de l’aide alimentaire. Sous certaines conditions, celle ci pourrait être à la base d’une agriculture durable et d’une nouvelle souveraineté respectueuse des biodiversités locales. Or, dans sa forme actuelle, elle est devenue un mécanisme majeur qui met en péril la sécurité alimentaire et les marchés nationaux en en créant de nouveaux pour l’agrobusiness des pays du Nord. Pire, l’aide alimentaire est de plus en plus utilisée comme une arme pour créer des marchés au profit de l’industrie de la biotechnologie et des aliments génétiquement modifiés. Outre le fait qu’utiliser la coercition (des OGM ou rien !) en période d’urgence est inhumain, plusieurs recherches indiquent que l’introduction d’organismes transgéniques accroît à terme la vulnérabilité écologique et économique des agricultures « bénéficiaires ». Les mouvements sociaux du Sud s’opposent à cette nouvelle vague de colonisation, à visage humanitaire, par laquelle les transnationales tentent de contrôler les systèmes agricoles locaux en manipulant l’approvisionnement en semences.

Interventions humanitaires ?

Interventions humanitaires ?

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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