Equateur : le mouvement indigène, entre le social et le politique

Depuis ses premiers soulèvements en 1990, le mouvement indigène est devenu un acteur de premier plan de la réalité équatorienne. Ses capacités organisationnelles et sa détermination politique ont fait de ce mouvement pluriel – et en particulier de la Conaie – la principale force populaire du pays, qui s’est donné une expression politique en 1996 (Pachakutik). L’accession au pouvoir, grâce à une alliance vite déçue avec le colonel Lucio Gutiérrez, va profondément marquer le mouvement et aiguiser les rivalités internes. Aujourd’hui, de nombreuses conquêtes sont à mettre à son actif : affirmation des droits collectifs, démocratisation politico-culturelle, réarticulation du monde populaire et de la gauche politique, etc. Mais ses expériences de pouvoir et sa participation à différentes instances de l’Etat ont complexifié son fonctionnement (conflits d’intérêt, différenciation sociale interne…) et affectent son autonomie et son dynamisme. Ces tendances ont alors pour effet d’accentuer, de diverses façons, la tension entre revendications d’ordre sociopolitique et registre ethniciste, dans lequel le traitement de la « problématique indigène » par l’Etat tend à cantonner la Conaie.

Mouvements et pouvoirs de gauche en Amérique latine

Mouvements et pouvoirs de gauche en Amérique latine

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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