Ecrasement du mouvement social de Tiananmen et essor du néolibéralisme chinois

La répression du mouvement de 1989, place Tiananmen, a marqué un tournant dans l’histoire chinoise. Cette mobilisation, au-delà de la protestation estudiantine « libérale », a été menée par de vastes couches de la population, porteuses d’une double revendication sociale et politique, pour l’égalité et la liberté. L’écrasement du mouvement a permis l’accélération de la « transition » vers l’économie de marché dans des conditions autoritaires, avec une montée des inégalités. Les réformes n’ont donc pas supprimé les causes du mouvement. Elles les ont légalisées. Tandis que l’Etat maoïste maintenait, par le biais de la coercition et de la planification, une inégalité systémique sous couvert d’égalité, le nouvel « Etat réformateur » a transformé cette inégalité en différences de revenus. La corruption, la spéculation immobilière, le déclin de la protection sociale, le chômage, la marchandisation du travail rural, les migrations de masse des campagnes vers les villes, les crises écologiques sont intimement liés aux conditions sociales d’avant 1989. La mondialisation et l’essor des marchés ont aggravé ces problèmes : polarisation sociale et développement inégal sur fond de nouvel autoritarisme.

Le « miracle » chinois vu de l'intérieur

Le « miracle » chinois vu de l’intérieur

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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