Crise alimentaire et développement agricole

2008, qui a déclenché une vague d’émeutes urbaines sans précédent dans plus d’une quarantaine de pays, la « faim » a fait son grand retour dans les agendas médiatiques et politiques internationaux. Contrastant rétrospectivement avec l’optimisme ambiant des années 1990, un sentiment d’urgence s’est alors emparé de la communauté internationale. Manifestement pris au dépourvu par l’ampleur de la crise et ses désastreuses conséquences pour les plus pauvres, les organisations internationales et les pays développés ont remis au premier rang de leurs priorités la problématique de la sécurité alimentaires et du développement agricole, thèmes autrefois jugés secondaires, obnubilés qu’ils étaient par les bénéfices potentiels du retour de la croissance sur fond de « mondialisation heureuse ». Depuis, sommet après sommet, se succèdent les appels à l’action suivis d’engagements répétés et toujours plus nombreux à lutter contre la faim. Défis de taille il est vrai ! D’après le dernier rapport de la FAO, pour la première fois depuis 1970, le seuil historique du milliard d’affamés dans le monde, soit un sixième de la population mondiale, a été franchi (2009).

Pour autant, on peut se demander si l’exacte mesure de cette crise (et de sa nature) a été prise au niveau international. De nombreux experts et une très large majorité d’organisations paysannes progressistes partagent un diagnostic souvent très différent de celui des organismes multilatéraux, critiquent les interprétations avancées de la crise et surtout les remèdes proposés. Dans ce texte, nous tenterons de proposer des clés d’interprétation du phénomène pour ensuite envisager quelques propositions alternatives d’action. Pour ce faire il est utile de s’interroger sur six idées reçues véhiculées par le discours dominant (politique et médiatique).

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Laurent Delcourt, CETRI
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