Burkina Faso : petites manœuvres et grandes résolutions face aux mobilisations

Au Burkina Faso, les émeutes spontanées contre la vie chère ont pris le gouvernement par surprise. Si les autorités ont d’abord cherché à étouffer la contestation en maniant le bâton et la carotte, la canalisation du mécontentement par la société civile organisée l’a ensuite obligé à s’engager dans une reformulation de sa politique alimentaire. A contre-pied des dogmes de l’ajustement structurel qui prévalent depuis une vingtaine d’années.

A l’instar de plusieurs autres pays du continent et d’ailleurs, le Burkina Faso a connu une série de hausses graduelles des prix de produits de grande consommation au cours de l’année 2007 et au début de l’année 2008, parmi lesquels les produits alimentaires. Selon l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), les prix des céréales ont sensiblement augmenté durant cette période à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Cette augmentation, qui grève le budget de consommation des ménages, est d’autant plus sensible que l’achat des céréales représente une part importante des dépenses, pouvant aller jusqu’à 45% en milieu rural, selon la Direction générale des prévisions et des statistiques agricoles (DGPSA). Alors que le dernier trimestre de l’année connaît généralement une baisse des prix des céréales locales en raison de l’arrivée des nouvelles récoltes sur le marché, on a assisté fin 2007 à une flambée de ces prix. La situation a encore empiré lorsque la plupart des produits de grande consommation se sont également renchéris, ainsi que l’a confirmé l’IHPC [1].

Ce renchérissement s’est traduit par une situation de pénurie, plus ou moins organisée [2], de certains produits alimentaires. Début du mois d’avril 2008, plusieurs ont quasi disparu du marché, notamment le riz, qui constitue l’un des principaux aliments de base des citadins burkinabè [3]. La raréfaction de certains produits de grande consommation, combinée à la forte poussée inflationniste, n’a pas eu seulement pour effet d’aggraver les conditions de vie quotidienne de la majorité pauvre de la population.

Sur le plan économique, la hausse continue du prix de certains produits et les effets en cascade qu’elle génère représente une menace sérieuse pour le dynamisme, voire la survie, de plusieurs activités. Dans le secteur de l’élevage, il en est ainsi de l’embouche, de la production laitière et de la viande, en raison surtout de l’augmentation du coût des aliments du bétail lorsque ceux-ci sont disponibles. Il en va de même dans le secteur agricole, où le moindre accès aux intrants et aux semences sélectionnées devient un sérieux handicap pour un grand nombre de petits exploitants agricoles.

Quelles que soient les causes du phénomène [4], popularisé au Burkina Faso sous le vocable de « vie chère », il intervient dans un contexte socioéconomique structurellement marqué par la pauvreté, près de la moitié des Burkinabè vivant en dessous du seuil de pauvreté. La dégradation des conditions de vie qui s’en est suivie a été vivement ressentie, notamment en milieu urbain. Perçus à tort comme des individus apathiques pétris dans une culture de soumission face à l’autorité, les Burkinabè vont s’illustrer dans quelques villes de l’intérieur, puis dans la capitale Ouagadougou, par des manifestations plus ou moins violentes et spontanées, avant que les organisations de la société civile ne tentent de canaliser le mouvement protestataire, forçant ainsi les autorités publiques à inscrire le phénomène de la « vie chère » sur l’agenda politique.

Organisation de mouvements sociaux spontanés

Depuis l’indépendance du Burkina Faso, en 1960, la société civile burkinabè n’a cessé de jouer un rôle de contre-pouvoir majeur, sous le leadership d’un mouvement syndical pluraliste parfois allié à des partis politiques officiels ou clandestins. Elle connaîtra cependant une période de reflux sous la période révolutionnaire (1983-1987). A la fin des années 1980, l’ouverture politique et l’avènement du processus démocratique lui permettront de reconstituer ses forces, sans pour autant retrouver sa puissance des années 1960 et 1970, tant redoutée par les régimes politiques de l’époque.

Ce qui caractérise la société civile burkinabè contemporaine, c’est sa diversification, voire sa fragmentation. De nouvelles composantes ne cessent de voir le jour : presse et médias privés, associations et ONG de défense des droits de l’homme, de la démocratie, de la citoyenneté, de la liberté de presse, des droits catégoriels (des femmes, des enfants, des jeunes, des consommateurs, des handicapés, des commerçants, etc.).

Coutumier du dialogue « au plus haut niveau » avec les responsables syndicaux et les représentants du secteur privé, le gouvernement est apparu surpris et désemparé face à l’irruption d’« émeutes contre la vie chère » animées par le Burkina Faso « d’en bas ». Face à la multiplication de signaux alarmants, il avait pourtant tenté d’anticiper la crise alimentaire dès le mois d’octobre 2007, dans un contexte politique marqué par la stratégie de séduction de l’opinion publique développée par le nouveau premier ministre Tertus Zongo, connu pour son franc-parler.

La réponse du gouvernement avait été double : d’une part, pallier le déficit alimentaire constaté dans certaines localités suite à la mauvaise pluviométrie en ravitaillant celles-ci au moyen des stocks d’intervention et de sécurité alimentaire, et d’autre part, initier un dialogue avec les acteurs socioprofessionnels : organisations syndicales, de consommateurs, opérateurs économiques.

Mais cela n’a pas suffi à empêcher l’explosion sociale. A partir de février 2008, le Burkina Faso connut en effet des « émeutes contre la vie chère », d’abord dans les principales villes de province (Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora), où l’activité économique est relativement dynamique, puis à Ouagadougou dans la capitale. Ces « émeutes sociales » ne sont pas une nouveauté au Burkina, des contestations de ce type s’étant produites en 2007, en 2006 et en 2003 [5]. Si on y ajoute le mouvement « trop c’est trop » qui a marqué la fin des années 1990 et le début des années 2000, cela donne l’impression d’une banalisation des mouvements sociaux protestataires comme type privilégié de répertoire d’action sociopolitique de la société civile burkinabè.

A l’origine, le mouvement est parti d’associations de commerçants issues principalement des deux grandes villes de province, Ouahigouya et surtout Bobo-Dioulasso. Elles manifestent les 20 et 21 février 2008 sur la voie publique, en vue officiellement de protester contre l’augmentation des taxes par le gouvernement. Une semaine plus tard, c’est la capitale Ouagadougou qui connaît de violentes manifestations suivies d’actes de vandalisme. Il ne s’agit donc pas « d’émeutes de la faim » en tant que telles, mais de mouvements sociaux générés par des acteurs aux motivations diverses. Plusieurs acteurs se sont en effet impliqués aux côtés des commerçants en proie à la pression fiscale, parmi lesquels des consommateurs protestant contre la hausse des prix des biens de première nécessité, des militants de partis politiques de l’opposition qui ont trouvé ici une occasion de mettre en difficulté le pouvoir et, naturellement, une « foule » d’acteurs opportunistes tentés de profiter de la situation.

L’argument de la pression fiscale insupportable comme facteur déclencheur des émeutes est réfuté par le gouvernement, qui affirme que les taxes et impôts contestés sont en vigueur depuis longtemps, même s’ils n’étaient pas effectivement recouvrés par une administration gagnée par le laxisme, voire la corruption. C’est contre la volonté politique du gouvernement de lutter contre ces fléaux que se seraient dressés les commerçants bénéficiaires. Le discours officiel sur la manipulation de « politiciens tapis dans l’ombre », la présence de consommateurs parmi les émeutiers protestant contre la flambée des prix et la raréfaction de certains produits de consommation courante, ainsi que la perception plus ou moins fausse ou justifiée chez les commerçants d’une pression fiscale insupportable tendent à politiser le mouvement social.

Habitués aux passe-droits et à la corruption en matière fiscale, les commerçants qui, jusque-là, dédouanaient leurs marchandises importées sur la base de montants notoirement minorés, n’ont pas compris pourquoi ces règles du jeu informelles avaient été remises en cause unilatéralement par les pouvoirs publics, devenus soudains les chantres de la « bonne gouvernance ». La décision du gouvernement burkinabè d’étendre le contrôle des importations à toutes les marchandises d’une valeur minimale de cinq cent mille francs contre trois millions auparavant a suscité l’ire des commerçants, qui vont finir par répercuter cette augmentation des droits de douane sur les intermédiaires, les détaillants, et en fin de compte, les prix à la consommation.

Quant aux consommateurs manifestants, ils entendaient forcer le gouvernement à inscrire la question de la « vie chère » sur son agenda. Peu importait le fait que la flambée des prix soit imputable à la mondialisation, comme le clamaient les différentes missions d’explication envoyées par le pouvoir auprès des leaders d’opinion, des autorités traditionnelles et religieuses, des organisations de la société civile ou – chose rare – des partis politiques [6]. Ce que les manifestants attendaient du gouvernement, c’étaient des réponses locales, ici et maintenant, à la flambée des prix, que celle-ci soit alimentée par des facteurs internationaux ou nationaux. Ce qui aurait obligé le gouvernement à revoir, entre autres, sa gouvernance et sa politique économique.

Car c’est aussi contre un mode de gouvernance politique et économique qui s’accommode du développement de fortes inégalités sociales et qui permet à une minorité de capter à son seul profit les bonnes performances dont est créditée l’économie burkinabè que se sont insurgés beaucoup des manifestants de février 2008. Selon Nana Thibaut [7], le président du Rassemblement démocratique et populaire (RDP), « les gens ont faim dans ce pays pendant que d’autres se payent des véhicules rutilants et se moquent du peuple. Dans ces conditions, on profite de la moindre occasion pour se défouler… C’est l’abus du pouvoir et la négligence des problèmes sociaux de la masse qui engendrent des situations du genre. Même si Blaise Compaoré reste jusqu’à sa mort au pouvoir, ça ne me gêne aucunement, pourvu que je puisse me nourrir, me soigner et éduquer mes enfants dans de bonnes conditions » (L’Observateur-Paalga, 22-24 février 2008).

Face à la montée en puissance de la « rue », le gouvernement va initier une série de dialogues avec les forces sociales et politiques du pays - syndicats, autorités coutumières et religieuses, partis politiques. Celles-ci ne vont pas se priver de dénoncer les ravages de la « vie chère » et vont sommer les autorités de résoudre cette équation qui pèse sur les couches sociales les plus défavorisées. Mais les organisations de la société civile « officielle » vont, elles aussi, essuyer des critiques, de la part de la presse et des pouvoirs publics. Ceux-ci dénoncent leur attentisme et leur manque d’anticipation, qui les ont conduites à se laisser déborder par une société civile « informelle et incivile ». Pour le gouvernement, l’Etat ne peut à lui seul lutter efficacement contre la vie chère, il doit pouvoir compter sur les associations de consommateurs dans sa lutte contre les pratiques spéculatives et anticoncurrentielles de certains commerçants.

Mais ces reproches sont rejetés par les associations concernées, qui rétorquent que leurs signaux d’alarme ont été royalement ignorés par le gouvernement. Les organisations de consommateurs, les syndicats et certaines ONG vont par la suite tenter de redorer leur blason, en s’efforçant d’encadrer la lutte contre la « vie chère ». C’est ainsi qu’elles organisent à leur tour des manifestations publiques pacifiques, ainsi que des réflexions sur la question. Mis sous pression, le gouvernement va tenter d’apporter des réponses à la crise que traverse le pays.

Politique du bâton et de la carotte

La réaction d’un gouvernement face à un mouvement social est révélatrice de la nature du régime politique qui a sécrété ce gouvernement. Dans le cas d’espèce, le gouvernement burkinabè a laissé libre cours à ses réflexes autoritaires, à sa méfiance à l’égard de mouvements de revendication qu’il assimile le plus souvent à une ruse de ses opposants. La spontanéité et la violence des contestations ont éveillé la suspicion des autorités, qui y ont vu une manipulation d’opposants destinée à ébranler le gouvernement du nouveau premier ministre, voire le régime lui-même.

Les auteurs des « casses » constatés dans plusieurs villes du Burkina Faso à la faveur des manifestations contre la « vie chère » de février 2008 ont donc rapidement été jugés et jetés en prison. Un projet de loi portant répression des actes de vandalisme sur la voie publique est adopté en conseil de ministres et voté rapidement par la majorité parlementaire en avril 2008. Cette loi vise, entre autres, selon le gouvernement, à alléger et accélérer toutes les procédures judiciaires à l’encontre des contrevenants, notamment la comparution immédiate.

Mais la réponse du gouvernement a aussi pris la forme d’une plus grande ouverture vers les partenaires socioéconomiques. Un dialogue est immédiatement ouvert dès le soir du 21 février 2008 et, en vue de recueillir des soutiens politiques nécessaires pour surmonter la crise, des missions explicatives composées de membres du gouvernement sont envoyées auprès de l’ensemble des forces sociales, économiques et politiques du pays. Cette démarche constitue un fait politique remarquable pour un régime s’efforçant traditionnellement d’ignorer les revendications des mouvements protestataires afin de décourager cette forme d’expression citoyenne.

Emergence d’une politique publique contre la « vie chère »

Face aux mobilisations, le gouvernement burkinabè décide de suspendre la perception des droits de douane et de la TVA sur les importations de produits de première nécessité (riz, sel, huile, etc.). Cela a pour effet d’atténuer la fronde sociale, les bénéficiaires de cette mesure étant principalement les couches urbaines. En milieu rural, des distributions de vivres ou des ventes de céréales à « prix sociaux » sont organisées par le gouvernement. Il est imité par d’autres acteurs politiques, dont le déploiement n’est pas dénué d’arrière-pensées électorales [8].

Le gouvernement qui, sous prétexte de libéralisation économique, avait laissé les inspecteurs chargés du contrôle des prix sommeiller et les opérateurs économiques se complaire dans des pratiques anticoncurrentielles, va s’efforcer de remettre de l’ordre dans les circuits de distribution. Les inspecteurs sont tirés de leur torpeur, des contrôles sont opérés et quelques spéculateurs et fraudeurs sont arrêtés à grand renfort de publicité pour convaincre l’opinion que le gouvernement n’est pas passif.

Pour sa part, l’Assemblée nationale a créé une commission parlementaire ad hoc, qui a réfléchi et fait des propositions de solution qui remettent en cause les dogmes de « l’ajustement structurel » en vigueur au Burkina Faso depuis le début des années 1990 [9]. Les syndicats n’ont pas été en reste, avec leur traditionnel cahier de doléances du 1er mai. Bref, chacun des protagonistes de la crise a pu établir son propre diagnostic de la situation et formuler diverses pistes de solution, à tel point qu’on peut parler de l’émergence d’une véritable politique publique participative. Ce processus est encouragé par le pouvoir, qui y voit certes une démarche pour répondre à la crise, mais aussi une manière de préserver sa légitimité.

Mais la marge de manœuvre des autorités burkinabè est réduite en raison de la fragilité des finances publiques. En effet, la baisse des revenus tirés de l’exportation du coton, du fait de la baisse de la production et de la chute des cours, la hausse continue des prix des produits importés, les conséquences de la crise financière internationale, et en règle générale l’extrême vulnérabilité du Burkina Faso face aux chocs exogènes, risquent de compliquer la situation des autorités publiques. Qui plus est, les mesures décidées par le gouvernement ne sont pas sans impact sur les finances publiques. En particulier, les suspensions et les exonérations des droits de douane, ainsi que les subventions et les autres formes de soutien aux entreprises publiques et filières stratégiques en difficulté, obèrent le trésor public, obligeant les autorités à réduire des dépenses ou annuler des programmes

Or l’efficacité des mesures contre la vie chère est sujette à caution. En effet, les prix n’ont pas baissé dans l’ensemble, et les pouvoirs publics confessent leur impuissance à influer sur les prix des produits importés. On comprend dans ces conditions que le premier ministre burkinabè ait reconnu lors de son discours du 4 avril 2008 devant l’Assemblée nationale la nécessité «  à moyen terme, (…) de tirer avantage des opportunités que nous avons pour accroître notre offre nationale de produits alimentaires en envisageant des mesures incitatives à la production, de même qu’en encourageant une réorientation de nos modes et habitudes de consommation ». Les héritiers du défunt président Thomas Sankara constatent avec délectation que le slogan décrété sous la Révolution (1983-1987) « produisons et consommons burkinabè » semble ainsi avoir été réhabilité.


Notes

[1La hausse des prix était de 51% pour le riz, 74% pour les pâtes, 118% pour le lait et 142% pour les huiles alimentaires (Assemblée nationale, 2008).

[2Certains commerçants s’étant mis à spéculer en organisant une pénurie artificielle afin de profiter de la situation.

[3Toutefois, la consommation du riz gagne de plus en plus le milieu rural.

[4Plusieurs facteurs explicatifs sont généralement avancés. A l’insécurité alimentaire ordinaire que connaissent plusieurs pays comme le Burkina Faso est venue s’ajouter une série de facteurs exogènes tels que le renchérissement du prix du pétrole, la mauvaise saison agricole dans les principaux pays producteurs et exportateurs de riz, les conséquences désastreuses du tsunami en Asie, l’accroissement de la demande de produits alimentaires des pays émergents, le recours croissant aux agrocarburants, la crise financière internationale induite par les prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis, etc.

[5En 2007, des émeutes avaient éclaté dans la capitale suite à des assassinats. Les bars « Kundé » sont saccagés par des manifestants sur la base de rumeurs selon lesquelles l’un des auteurs présumés de ces assassinats serait lié à cette chaîne de bars très fréquentés. En 2006, la décision prise par les autorités municipales de la commune d’appliquer le décret instituant le port obligatoire du casque pour les motocyclistes va aussi tourner à l’émeute ; une émeute alimentée par des rumeurs selon lesquelles la décision administrative aurait été motivée par des raisons d’ordre commercial. Et en 2003, après l’incendie du grand marché de Ouagadougou, les pertes subies par les commerçants et les tentatives des autorités municipales de les redéployer dans les autres marchés de la ville vont également se solder par des émeutes.

[6Des partis de l’opposition n’ont pas manqué de conseiller au gouvernement de ne pas toujours attendre que « ça chauffe » pour se convaincre des vertus du dialogue.

[7Nana Thibaut avait lancé un appel à une marche contre la vie chère, avant d’y renoncer – ce qui n’a pas empêché le gouvernement de le faire arrêter, de le juger pour propos séditieux et de le jeter en prison.

[8C’est le cas du parti au pouvoir, et surtout, de la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP-BC), une organisation hybride parrainée par le frère cadet du président Compaoré, qui mobilise une partie des élites étatiques et économiques et des hiérarchies coutumières et religieuses et quadrille le territoire national.

[9La commission parlementaire propose notamment que l’Etat prenne des mesures pour contenir l’inflation, pour assurer une meilleure maîtrise du marché intérieur des produits de base, en signant des accords avec les entreprises, en baissant les prix des intrants agricoles (engrais, semences, etc.) et en mettant en œuvre des programmes d’importation de riz ou d’aliments pour le bétail. Les parlementaires suggèrent également que l’Etat s’implique davantage pour assurer un meilleur approvisionnement du marché intérieur et une diversification des circuits d’approvisionnement. Ils proposent l’instauration d’un véritable contrôle des prix, ce qui passe par la redynamisation de l’inspection générale des affaires économiques et de la commission nationale de la concurrence et de la consommation. A moyen et long terme, les parlementaires préconisent une réhabilitation de l’agriculture vivrière et de l’élevage par la mise en place des outils nécessaires à cette reconversion, y compris dans la recherche agricole. Lire le Rapport de la commission ad hoc de l’Assemblée nationale du Burkina Faso sur la « vie chère », publié en mai 2008.

Etat des résistances dans le Sud - 2009. Face à la crise alimentaire

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Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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