« Bonne gouvernance » et OMD : contradictoires ou complémentaires ?

Présentée comme le chaînon manquant entre réformes économiques et croissance équilibrée, la « bonne gouvernance » promue par les institutions de Bretton Woods place l’Etat au service du marché, renforçant ainsi le paradigme néolibéral dominant au détriment d’autres modèles de développement qui donneraient priorité à l’éradication de la pauvreté via des politiques de redistribution des richesses. La « générosité » des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ne déroge pas à la règle. Le problème fondamental n’est pas tant l’idée de « bonne gouvernance » ou les intentions affichées des OMD que leur inaptitude à remettre en question la légitimité de l’intégration subordonnée à l’économie mondialisée. Or, à quoi bon prétendre lutter contre la corruption et la pauvreté, lorsque les instruments imposés pour mener ces luttes contiennent en eux-mêmes les incitants à poursuivre des politiques favorables aux investisseurs transnationaux et néfastes aux populations et à leur environnement ? Plutôt que d’attribuer à la « mal gouvernance » locale la responsabilité de l’échec des politiques néolibérales, il convient d’identifier les facteurs politiques mondiaux qui font obstacle à la réalisation des OMD.

Objectifs du millénaire pour le développement

Objectifs du millénaire pour le développement

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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