Bolivie : les antécédents et défis de la nouvelle gauche

La constitution-décomposition de la gauche bolivienne peut être structurée en 5 périodes : premiers syndicats et partis ouvriers à partir des années 1910, « triomphe » de la révolution nationaliste dans les années 1950, répression des mobilisations minières et estudiantines sous les dictatures (1964-1982), apogée et échec de la gauche avec le gouvernement de l’Union démocratique populaire (1982-1985), déroute complète sous l’ère du néolibéralisme (1985-1999). Les conditions structurelles d’émergence d’une nouvelle gauche à partir de 2000 sont à situer dans les échecs socioéconomiques du néolibéralisme, dans l’épuisement de la logique de « gouvernabilité » et de la « politique des pactes », dans la distanciation entre partis et monde social et dans la disparition de deux leaderships populistes. L’émergence d’acteurs sociaux capables de fortes mobilisations (« guerre de l’eau, du gaz »…), dotés de leurs « instruments politiques » (le MAS, le MIP…) aux leaders d’origine indigène et populaire et aux revendications culturelles, sociales et politiques contre le néolibéralisme, a rendu à la gauche bolivienne une réelle présence nationale, en dépit des processus sociaux de fragmentation.

Mouvements et pouvoirs de gauche en Amérique latine

Mouvements et pouvoirs de gauche en Amérique latine

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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