Apparences de droit et réalités de fait de la traite humaine en Asie du Sud-Est

La survivance de l’esclavage sexuel est à combattre par la coopération judiciaire et policière, et par l’action sur les mentalités. Les partisans d’une « légalisation » de la prostitution s’opposent aux tenants de son éradication. La rencontre de ce « fait social total » et de la mondialisation génère des millions de victimes. L’unification du monde sur le mode du libéralisme dote la vente de sexe de dimensions industrielles et internationales. En Asie du Sud-Est, les apparences cachent des réalités souvent opposées : un Cambodge juridiquement « abolitionniste » mais de facto « libéral » ou « réglementariste » ; des voisins vietnamien et laotien, théoriquement « prohibitionnistes », mais importants « expéditeurs » de personnes trafiquées ; une Thaïlande qui songe à « légaliser » un commerce du sexe aux proportions industrielles et une Malaisie rigoriste qui, tout en prohibant la prostitution, contribue au développement d’une frontière de bordels avec la Thaïlande. L’explication économique, bien que déterminante, ne peut suffire. Ces situations complexes tiennent aux configurations culturelles locales et à la structuration singulière des rapports sociaux.

Prostitution, la mondialisation incarnée

Prostitution, la mondialisation incarnée

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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