Amérique Latine : l’agenda caché des interventions humanitaires

L’utilisation du prétexte humanitaire pour justifier des interventions militaires, politiques et économiques d’Etats du Nord dans des pays du Sud ne date pas d’hier. Les interventions « civilisatrices » du 19e siècle notamment masquaient déjà des visées expansionnistes et des intérêts économiques bien compris. La Charte des Nations unies, en établissant un critère d’égalité entre tous les Etats, a permis d’opposer à l’interventionnisme des puissants le principe de respect de la souveraineté. Plus récemment, des normes visant à réglementer les interventions humanitaires quand intervenir, comment, au nom de quoiY ? ont été établies. En Amérique latine toutefois, la défense des droits de l’homme a plusieurs fois servi de justification à l’intervention armée unilatérale des Etats Unis, en Amérique centrale notamment. Depuis le 11 septembre 2001, la « menace terroriste » justifie le pire. Au nom de la « sécurité nationale » et « globale », la pensée néoconservatrice états unienne décide du degré de fiabilité des autres Etats et autorise les « interventions » en conséquence. Lors des catastrophes naturelles, qui frappent d’abord les secteurs sociaux et les environnements les plus vulnérabilisés par le modèle de développement dominant, l’assistance humanitaire opère souvent au détriment des capacités locales. Sans égard pour les causes et les racines des conflits et des crises, le discours humanitaire sert aujourd’hui trop régulièrement de paravent à des interventions politiques qui portent atteinte à l’autonomie et au droit à l’autodétermination des peuples.

Interventions humanitaires ?

Interventions humanitaires ?

Cet article a été publié dans notre publication trimestrielle Alternatives Sud

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