Afrique du Sud. La débâcle de Jacob Zuma révèle le dénuement et la corruption

Il est possible que l’on se souvienne de cette semaine [31 octobre-6 novembre 2016] comme le tournant le plus important en Afrique du Sud depuis que l’African National Congress (ANC) a évincé le président Thabo Mbeki, membre de ce parti, en septembre 2008. Le principal tourment de ce dernier était alors Jacob Zuma qui, depuis mai 2009 – suite à une brève période transitoire –, gouverne le pays d’une façon toujours plus discutable.

De nombreuses contradictions explosent toutefois au visage de Zuma. Des opposants politiques de tout le spectre – depuis les étudiant·e·s universitaires jusqu’à l’establishment de son propre parti – sentent l’odeur du sang à mesure que le fameux système clientélaire de Zuma, apparemment en lambeaux, est exposé au regard de tous.

Zuma vient juste de faire face à deux importantes défaites légales : 1° une attaque hésitante de l’Etat dirigée contre le ministre des Finances, Pravin Gordhan [membre jusqu’en 2009 du Parti communiste d’Afrique du Sud] ; les accusations contre lui ont été piteusement abandonnées le lundi 31 octobre par un procureur incompétent à la suite d’un tollé national ; 2° cela suivi, mercredi [2 novembre], par la publication par le Ministère public du rapport « sur la captation de l’Etat » [emprise de la corruption sur l’appareil d’Etat] portant sur les relations corrompues de la famille de Zuma, un rapport que le président et deux autres ministres ont vainement tenté d’étouffer.

Zuma perd son emprise politique alors que les libéraux et les radicaux prennent de l’élan

Pendant que Zuma tentait de gagner du temps, les grondements à la base se faisaient toujours plus forts. Mercredi [2 novembre], le parti de gauche Economic Freedom Fighters (EFF) et le parti de centre droit Democratic Alliance (DA) ont tous deux organisé des manifestations contre Zuma dans la capitale, Pretoria, au cours desquelles Julius Malema [à la tête des jeunesses de l’ANC entre 2008 et 2012, avant de rompre], le dirigeant des EFF, s’est clairement distancié d’un troisième événement : une réunion placée sous le slogan de « Sauver l’Afrique du Sud » qui se tenait dans la cathédrale anglicane, située à proximité, en présence d’un grand nombre de notables de la société civile et du grand capital.

Malema s’est exprimé ainsi devant une foule de plusieurs milliers de personnes : « Un PDG va parler dans la petite église, là-bas, et non sur la place de l’Eglise. Laissons-les parler là-bas. Les petites églises sont faites pour les PDG. Seuls les EFF ont le pouvoir de faire s’effondrer l’ANC. » La menace de militants des EFF se dirigeant vers les bureaux de Zuma dans les locaux de l’Union Buildings de Pretoria a été évitée grâce à la police. Les manifestants portant des t-shirts rouges se sont toutefois répandus dans une bonne partie du quartier des affaires au centre de la capitale.

Avant la publication du rapport de 355 pages sur « la captation de l’Etat », l’adjoint de Malema, Floyd Shivambu, a écrit l’analyse la plus complète sur l’influence des frères Gupta [une famille d’origine indienne à la tête d’un empire économique et en relations avec Zuma]. Les EFF font régulièrement référence au réseau liant l’Etat et les capitalistes de connivence (cronies) de la famille Gupta par le terme suivant : « Zuptas », soit une contraction de Zuma et de Gupta. L’influence de cette famille s’étend aux mass media (ils possèdent un journal et un réseau de télévision), aux mines, en particulier au travers de liens controversés avec l’entreprise para-étatique Eskom [compagnie d’électricité, parmi les dix plus importantes au monde] et de son manager principal, ainsi qu’auprès de dirigeants locaux de l’ANC.

D’autres secteurs du prolétariat entrent en ébullition. L’un des trois plus importants syndicats qui soutient encore Zuma, celui des infirmières – comptant plus de 200’000 membres et appartenant à la même fédération que les enseignant·e·s et les mineurs qui était le principal soutien du monde du travail à Zuma –, a annoncé mardi [1er novembre] qu’il voulait désormais que le président démissionne. Le plus grand syndicat, celui des métallurgistes [NUMSA, qui a été expulsé de la centrale syndicale COSATU en 2014], exigeait la même chose fin 2013. Plus récemment, cette opinion a été exprimée par un grand nombre de dirigeants importants de l’ANC, ainsi que par ce qui semble être l’ensemble de la société civile du centre gauche et centriste tout comme des commentateurs des médias.

Zuma, âgé de 74 ans, ancien guérillero sans formation formelle, est un génie non seulement lorsqu’il s’agit de maintenir une flexibilité idéologique consistant à « parler gauche » et à aller vers la droite, mais aussi lorsqu’il s’agit de conserver la loyauté de son « groupe ethnique » zoulou ainsi qu’avec les provinces de l’est et du nord (KwaZulu-Natal, Mpumalanga, Free State, North West et Limpopo). Bien que lors des élections municipales d’août l’ANC ait perdu 8% des voix par rapport à 2011, elle a remporté largement les élections dans ces régions.

Pour la première fois depuis la libération [de l’apartheid], l’ANC a dû céder le pouvoir dans les cœurs économiques que représentent Johannesburg, Pretoria ainsi que la cinquième ville du pays, Nelson Mandela Bay (Port Elizabeth), face à ce qui sera sans doute une alliance passagère droite-gauche entre la DA et les EFF. La deuxième ville, Cape Town, est dirigée par la DA depuis 2006, alors que la troisième, Durban, est un bastion sûr pro-Zuma. Un immense bras de levier clientélaire a été perdu pour l’ANC avec la perte de ces trois zones métropolitaines.

Zuma est lui-même est à nouveau malmené suite aux 783 actes d’accusation pour corruption portés contre lui lors d’un accord militaire avec la France à la fin de la décennie 1990. Le tristement célèbre accord sur l’achat d’armes porte atteinte à la mystique de l’ANC sur la libération, y compris sous le gouvernement Mandela entre 1994 et 1999. En 2005, suite à l’emprisonnement d’un proche pour les mêmes chefs d’accusation, Zuma a été démis de ses fonctions d’adjoint au président Mbeki. Il a ensuite été acquitté en 2006 lors d’un procès retentissant pour viol. La victime, Fezikile Kuzwayo, séropositive – fille d’un ancien guérillero de l’ANC proche de la famille de Zuma –, est décédée à Durban le mois passé. Ce fut l’occasion de faire resurgir la misogynie de Zuma. Zuma, qui a quatre épouses et plus de vingt enfants, a prétendu lors du procès que « dans la culture zouloue, on n’abandonne pas une femme ». Une affirmation qui a été éloquemment réfutée par Kuzawayo alors qu’elle fut contrainte à l’exil plusieurs années par les partisans de Zuma.

Jusqu’à maintenant, Zuma est parvenu à maintenir les tendances dissidentes sous le grand toit politique de l’ANC, en partie grâce à une utilisation habile de son système de parrainage politique au service d’une stratégie de diviser pour mieux régner. L’heure de vérité est cependant arrivée. En effet, ainsi que le révèle le rapport sur la « captation de l’Etat », la famille Gupta – trois frères immigrés d’Inde qui sont devenus des magnats ostensibles au cours des deux dernières décennies – a remporté des contrats massifs auprès de l’Etat. Et cela parce qu’ils utilisent des pots-de-vin pour devenir encore plus riches.

Mcebisi Jonas, l’adjoint respecté au ministre des finances, a par exemple accusé les Gupta d’avoir voulu lui offrir 45 millions de dollars – il y a un an – s’il avait accepté de devenir ministre des Finances grâce à un putsch informel parce que son chef d’alors, Nhlanhla Nene, regimbait face à des contrats favorables à la cour de Zuma portant sur l’achat d’avions et sur le nucléaire. Suite au refus énergique de Jonas, Nene fut congédié et son poste attribué à un ingénu politique, David van Rooyen. Ce fut un choc pour le pays en décembre 2015. Quatre jours plus tard, au milieu d’une dévaluation du rand, le monde des affaires se souleva, sous l’impulsion de trois banquiers blancs, et contraint Zuma à écarter le malheureux van Rooyen, déplacé au ministère de la Gouvernance coopérative et des affaires traditionnelles. Gordhan, qui avait occupé le poste de ministre des Finances entre 2009 et 2014, pour le plus grand plaisir du monde des affaires, a pris sa place.

La position de Gordhan est toutefois devenue de plus en plus intenable tout au long de l’année 2016 en raison du ralentissement économique, ainsi que des tentatives répétées des alliés de Zuma de le poursuivre pour ce qui semble être soit des affirmations absurdes, soit des méfaits relativement mineurs lorsqu’il se trouvait à la tête de l’autorité fiscale.

Alors que le pays évite tout juste la récession, les manœuvres budgétaires de Gordhan pour 2016 ont été également compliquées par une contestation populaire croissante – menée en particulier par les étudiant·e·s universitaires qui exigeaient environ 2 milliards de dollars de nouveaux investissements pour réaliser une « éducation supérieure de qualité, décolonisée et libre », lors de la campagne #FeesMustFall [il faut faire tomber les taxes d’études]. A cela s’ajoutait la colère des communautés noires face à l’absence de services municipaux dignes de ce nom. La menace d’une notation à la baisse des obligations pourries couronnait le tout.

Menaces sur la notation des taux de crédit et revendications étudiantes

Les dirigeants locaux de trois agences de notation – Moody’s, Fitch et Standard&Poor’s – menaçaient depuis longtemps de dégrader la notation des obligations pourries. Alors que Gordhan a fait tout son possible pour les apaiser ainsi que les financiers qui se trouvent derrières elles.

Il est clair que ces trois agences se sont souvent trompées spectaculairement (par exemple avec une note AAA pour Lehman Brothers et l’assurance IAG en 2008) et sont manifestement tendancieuses en s’alignant sur les préjugés des banques occidentales. Ainsi, l’alliance économique du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud [lesdits BRICS] a plaidé, lors de sa réunion à Goa le mois dernier, en faveur de l’introduction de leur propre agence de notation.

Les élites financières néolibérales à la tête de la machinerie des BRICS garantissent, cependant, que les termes sur lesquels reposerait une telle agence seraient fortement « orientés vers le marché », à l’instar de la Nouvelle banque de développement des BRICS [fondée en juillet 2014] et du Contingent Reserve Arrangement [mis en place en 2015], qu’il n’y aura en toute logique aucune différence avec les institutions existantes.

A l’instar du Brésil et de la Russie qui ont également reçu un junk status [soit un rang « d’obligation pourrie », BBB], l’Afrique du Sud verse un taux d’intérêt de 9% sur sa dette étrangère qui atteint désormais un seuil dangereusement élevé de 135 milliards de dollars, ce qui indique que les « marchés » considèrent déjà, de facto, que l’Afrique du Sud est réduite à un junk status.

Le 25 octobre, ayant fortement à l’esprit ces trois agences, Gordhan a dévoilé son dernier budget devant le Parlement. Au même moment, 16 des 25 universités du pays étaient contraintes de fermer temporairement sous la pression des étudiant·e·s contestataires, dans leur tentative de faire monter la pression à l’échelle nationale sur le gouvernement. Bien que le mouvement fût courageux – et alors même que 600 étudiant·e·s furent arrêtés – et qu’une perte de 80 millions de dollars soit enregistrée, ni Zuma ni Gordhan n’ont cédé.

Ce même 25 octobre, plusieurs milliers d’étudiant·e·s en colère ont rencontré Gordhan pour une discussion devant le Parlement avant son discours sur le budget. Après avoir été attaqués par la police, ils ont commencé à manifester avec force dans le centre de Cape Town. Leur cœur a été brisé, après plus d’un an de débats et de mobilisations étudiantes intenses, par la décision de Gordhan de n’allouer que 420 millions dollars supplémentaires au système universitaire. Cela en tenant compte de la situation héritée : c’est-à-dire des universités sous-financées telles que les avait laissées le prédécesseur de Gordhan, le fameux néolibéral Trevor Manuel. Il travaille désormais pour la banque Rothschild. Les étudiant·e·s ont été en outre excédés par une nouvelle répression policière brutale.

Les étudiant·e·s n’auraient toutefois pas dû être surpris. Gordhan, en effet, avait signalé le 5 octobre une politique visant à diviser pour régner dans un entretien à New York lors de sa dernière tournée à la recherche d’investisseurs : « Nous avons une solution qui permettra de combler les besoins des étudiants pauvres, ainsi que pour le prétendu chaînon manquant. Il est important que les étudiants, qui comprennent les calculs, qui comprennent les compromis, saisissent que nous devons, d’un côté, subventionner les taxes d’études et, de l’autre, contribuer à financer pour le bien-être, le logement et la santé ; ils doivent participer à une discussion constructive. »

A travers l’ensemble de l’Afrique du Sud, #FeesMustFall rejetait deux semaines plus tôt cette « solution » lorsqu’elle a été proposée par Blade Nzimande, le ministre de l’Education supérieure, également dirigeant du Parti communiste d’Afrique du Sud. Ils comprennent bien que les subventions étatiques fournissaient 50% des revenus des universités en 2000, mais qu’elles ont constamment chuté pour atteindre actuellement 40%. Donc les étudiant·e·s doivent combler la plus grande partie de ce qui manque.

Le 25 octobre, Gordhan leur a dit une fois de plus d’emprunter plus [emprunt par les étudiants] – il a offert 670 millions de dollars, afin de payer l’éducation prégraduée [qui précède l’obtention du bachelor]. Le très faible taux de remboursement du National Student Financial Aid Scheme (1,5 milliard dollars sur une dette de 1,8 milliard reste non payé) reflète la façon dont cette stratégie fonctionne. L’accroissement d’une dette des ménages n’est qu’un « secours » à court terme, ainsi que le démontre le pourcentage des emprunteurs désignés par le National Credit Regulator comme appartenant à la catégorie des « crédits douteux » : il se situe toujours dans la zone insoutenable de 45%, à peine plus bas que le record de 2008.

Il est, en outre, important de signaler qu’un rapport réalisé par la commission Nzimande 2012-13 sur une éducation sans taxes a été dissimulé avant que ses conclusions n’aient fuité en 2015. Le porte-parole de Nzimande, Khaye Nkwanyana, expliquait : « Il s’agit d’un document public, mais en raison de la nature du rapport, nous avons décidé de ne pas le rendre public. Il est évident que nous aurions placé le ministre des Finances [Gordhan] dans une situation d’affrontement avec le public si cette décision et ce rapport avaient été diffusés. »

Le travers néolibéral de Gordhan

Les choix opérés par Gordhan le mois dernier le situent nécessairement en opposition avec la population. Son budget de février, par exemple, ne prévoyait qu’une augmentation nominale de 3,5% pour les familles d’accueil (qui jouent un rôle vital étant donné le taux élevé d’orphelins en raison du sida), ainsi qu’une augmentation de 6,1% pour les mères de plusieurs millions de bénéficiaires du Child Support Grant. Alors que les allocations de retraites n’augmentent pas, alors que l’augmentation de 0,75$ par mois – pour atteindre le montant symbolique de 27$ par mois – n’aboutit à une augmentation des allocations pour les enfants que de 7,5%.

Toutefois, l’inflation qui frappe les pauvres dépassera sans doute 10%, en raison d’une augmentation de 15% du prix des aliments de base, d’une augmentation de 9,4% de la facture d’électricité (Eskom), ainsi que des dépenses supplémentaires pour les transports. Reflétant l’écart entre la conscience de Pretoria et la faim de la société, le taux de pauvreté (face à l’achat de nourriture et pour satisfaire les besoins de base) atteint désormais un taux insoutenable de 63%. Toutefois, l’Afrique du Sud figure parmi les cinq pays qui consacrent les budgets les plus faibles en matières sociales parmi les 40 plus importantes économies du monde (la moitié de ce que dépensent la Russie et le Brésil).

Au lieu de cibler les dépenses sociales, Gordhan aurait pu indiquer les 17,3 milliards dollars annuels de surfacturation dans le budget de 45 milliards géré par le Trésor. Le responsable du contrôle des achats auprès du Trésor, Kenneth Brown, a reconnu récemment que « sans dépenser un centime de plus, le gouvernement peut augmenter ses entrées de 30-40%. C’est là que se trouve en réalité la véritable fuite dans le système. »

Pourquoi un tel gaspillage se poursuit-il depuis si longtemps ? Gordhan admet lui-même que le Trésor est encore marqué par une recherche systématique de sources de rentes de la part de l’ANC : « Cela signifie qu’à chaque fois que je veux faire quelque chose, je déclare que cela fait partie d’une transformation. Cela signifie dans le même temps que je donne des contrats à mes potes qui se trouvent dans les placards » (le « je » et le « mes » font référence à la faction Zupta).

On trouve toutefois d’autres copains cachés dans d’autres placards. Ces derniers encensent habituellement le néolibéralisme du Trésor : le 1% des plus riches d’Afrique du Sud dont la trajectoire est exceptionnelle depuis le début des années 1990, ainsi que l’indique un rapport de la Banque mondiale publié le mois passé. Les politiques économiques de l’après-apartheid ont porté la part qu’ils occupent dans le revenu total (en dehors des gains en capitaux) de 10-12% en 1990-1994 à 18-20% depuis 2009, un chiffre presque sans précédent dans le monde.

Il faut y ajouter les hommes (pour la plupart) qui placent illégalement leurs biens à l’étranger. En plus des 11 milliards de dollars de bénéfices nets, de dividendes et de paiements d’intérêts qui quittent le pays – la principale raison qui explique que le déficit en devises actuel de l’Afrique du Sud atteint régulièrement 5% du PIB – il y a 21 milliards dollars en moyenne annuelle de « flux financiers illégaux » (selon l’estimation du Global Financial Integrity pour la dernière décennie).

Cette menace va perdurer à moins que le Trésor et la Banque centrale ne l’empêchent en renforçant le contrôle sur les transferts de capitaux. Ils ne le feront pas. Sans que cela suscite de tensions avec des régulations étatiques quelconques, une évasion fiscale flagrante est réalisée par les plus grandes compagnies de platine, en particulier Lonmin avec sa branche « marketing », De Beers avec ses fausses factures pour 2,8 milliards dollars sur sept ans, ainsi que le détournement des bénéfices en provenance de plusieurs pays d’Afrique vers l’île Maurice de l’opérateur de téléphones portables MTN.

Le défi de la société

Un ministre des Finances fort et engagé attaquerait de telles dépravations afin de trouver les fonds nécessaires pour éliminer les privations de la société. Dès lors que Gordhan a échoué, la société s’interrogera-t-elle sur la modification du rapport de forces nécessaire pour bâtir finalement un Etat démocratique et assurant la satisfaction des besoins ?

La première étape de cette révolution (libérale) est à notre portée : s’opposer à la faction corrompue de Zuma composée d’un noyau de politiciens, de gérants d’agences para-étatiques ainsi que de partenaires en chapardage privé-public. L’appareil clientélaire pourrait bien tomber lentement, car Zuma va défier les conclusions du rapport sur « la captation de l’Etat » et une commission officielle paresseuse sera nommée pour enquêter plus à fond sur les détails.

En ce qui concerne l’étape suivante, les protestations nombreuses en cours des partis d’opposition, des étudiant·e·s, des quartiers et des travailleurs restent à l’horizon alors que la poussière politique ne va pas retomber. La période à venir clarifiera non seulement la question de savoir si les libéraux et leurs alliés se battant au nom de Gordhan et en faveur de la cause anti-corruption peuvent battre le maître de la politique de survie nationaliste, Zuma.

Tout aussi important, nous apprendrons quelles sont les pressions à partir d’en bas qui peuvent être mobilisées pour provoquer un changement de régime non-violent en faveur d’un budget post-Zupta, post-néolibéral lorsque la prochaine fois Gordhan le présentera au parlement, en février 2017.


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